Caroline P.

Dans ce jardin qu'on aimait
par (Fontaine Auteuil)
19 mai 2017

Geneseo, état de New York au XIXème siècle. Le révérend Pease perd sa femme bien-aimée alors qu'elle met au monde leur enfant, Rosemund. Son unique vocation sera désormais, solitaire et imperturbable, d'entretenir le jardin de la disparue et surtout de le/la célébrer en une partition musicale inédite, celle des bruissements de la nature et du jardin, du chant des oiseaux.
Sa vie durant il cherchera en vain à faire publier son étrange et botanique traité de musique.
Dans cette épiphanie quotidienne le révérend manifeste au grand dam de ceux qui l'entourent, le triomphe de l'amour des êtres et des choses terrestres sur l'amour divin.
L'écriture de Quignard en forme de récitatif poétique s'accorde à ce chant de la présence, à une oraison qui n'est plus funèbre. On retrouve ici une langue limpide pour dire l'amour et l'abandon, la joie et le sacrifice. L'auteur nous joue une variation de Tous les matins du monde pour un grand plaisir, calme et attentif.

La mort du deuxième chien
par (Fontaine Auteuil)
16 mai 2017

A Tel-Aviv dans les années 50 un acteur et un écrivain ratés accumulent les menus larcins pour vivre. Ils tentent un dernier coup, celui qui doit les mettre à l'abri du besoin pour un certain temps : séduire une riche veuve américaine en villégiature sur la côte israélienne. Entre jeu et rivalité, ils montent un scénario au cordeau, riche de leur fréquentation des existences troublées. L'écriture d'une grande simplicité met en scène des rencontres multiples, cocasses parfois violentes, drôles. Ce récit est aussi un hommage permanent au théâtre, à la tragi-comédie insaisissable de la vie. Avec ces perdants magnifiques, Hlasko s'inscrit dans les réflexions de son temps, celui d'un Camus ou des écrivains de la beat-generation.

La danse de l’araignée
par (Fontaine Auteuil)
10 janvier 2017

Dans la suite de son précédent roman, Laura Alcoba porte témoignage de sa vie nouvelle loin du régime de Pinochet. A l'orée de l'adolescence elle s'installe à Bagnolet avec en ligne de mire les deux drôles de tours jumelles de cette banlieue aux portes de Paris.
Son quotidien fait de retours d'école dans ce nouveau paysage urbain, de ses camarades de classe, de la vie en écho de l'Argentine à travers sa mère mais surtout sa tante, venue avec elle en France...
Tout cela raconté avec sensibilité et humour gravite autour des lettres qu'elle reçoit de son père, prisonnier politique et veilleur attentif des lectures de sa fille. Un roman simple et touchant.

Désorientale
Neuf 22,00
Occasion 15,00
par (Fontaine Auteuil)
22 octobre 2016

A la façon d'une Shéhérazade, la narratrice de « Désorientale » nous plonge dans un tourbillon d'histoires épiques et légendaires retraçant l'épopée familiale, une histoire de luttes intimes et politiques dont les échos résonnent dans la tête de cette dernière héritière. L'héritage et l'avenir nouveau sont au cœur de cet excellent roman d'exilée.
Ce qui touche ici, c'est la force d'un destin ultra contemporain, marqué par toutes les aventures qui l'ont précédé pour en arriver là où le roman devient possible.

Là où les lumières se perdent
par (Fontaine Auteuil)
8 octobre 2016

Jacob, élevé par une mère droguée et un père dealer qui l'embarque dans ses combines, essaie par tous les moyens de sauver les quelques êtres qu'il aime ou qu'il juge dignes de vivre.. L'adolescent lui-même qui raconte ses efforts désespérés pour échapper à son héritage familial. Mais le monde dans lequel il se débat est celui où triomphent la brutalité et la fatalité du malheur.
David Joy a écrit un roman noir à la tonalité vraiment originale, très sensible, presque poétique par endroit.