Caroline P.

Le voyage du canapé-lit
par (Fontaine Auteuil)
12 avril 2019

La mère de l'auteur décide de ne garder de son héritage maternel qu'un vieux canapé-lit défraîchi qu'elle veut placer dans la maison familiale en Auvergne. Cette piété filiale jette donc l'auteur, son frère, Bernard et sa belle-soeur, Martine sur les routes des vacances enfantines. Le convoiement de ce meuble bien encombrant sera comme un voyage dans le temps, l'espace et les paysages. L'occasion saisie de revenir sur les racines, les legs affectifs et les souvenirs truculents permet aussi de donner une autre vision de l'Auvergne, déjà dépeinte dans « Pays perdu ».
Ce récit du retour au pays comme un retour sur soi est cette fois raconté sur un ton léger où l'humour déleste de la noirceur et d'une mélancolie qui n'auraient pas renouvelé en profondeur ce retour aux origines. La verve, le ton réservent des moments de rire franc et en font un excellent prix Vialatte.

La princesse de Clèves
24,99
par (Fontaine Auteuil)
12 avril 2019

Il semble a priori difficile de représenter par des images, « La princesse de Clèves », premier roman psychologique de l'histoire littéraire. En effet, quoi de plus compliqué à représenter que l'enchevêtrement des sentiments ? C'est pourtant ce que parviennent à faire Catel et Bouilhac. La palette de couleurs comme légèrement passée donne le sentiment de la première impression de lecture du roman, un certain hiératisme qui explose sous la force des passions. Le dynamisme du récit est parfaitement rendu lui aussi par le choix des dialogues extraits du texte original, rendant palpable la tournure d'esprit de Madame de la Fayette.
Une excellente BD pour découvrir ou se remémorer l'un des chefs d’œuvre de notre littérature.

Une femme en contre-jour

Les Éditions Noir sur Blanc

14,00
par (Fontaine Auteuil)
5 mars 2019

Gaëlle Josse s'intéresse dans ce nouvel opus à la figure de Vivian Maier, inconnue de son vivant, reconnue aujourd'hui comme un génie parmi les plus grands de la photographie noir et blanc des années d'après guerre entre Walker Evans, Doisneau ou Ronis. Ignorée toute sa vie durant, se dissimulant à dessein, cette créatrice autodidacte et farouche impose un regard que Josse s'attache à nous dévoiler.
L'auteure recherche ce qui a pu nourrir cette œuvre extraordinaire, obstinée à saisir le quotidien des petites gens surtout, les acteurs brisés du rêve américain sur les trottoirs de New York et Chicago.
Un récit passionnant de la découverte d'une femme, chasseuse d'images, disparue dans un grand dénuement alors que dormait le trésor de son œuvre jamais exposée. L'énigme Vivian Maier demeure après l'enquête minutieuse de Gaëlle Josse, enjoignant à découvrir son travail d'une beauté foudroyante.

Antonia 
, Journal 1965-1966

Journal 1965-1966

Gabriella Zalapi

Zoé

12,50
par (Fontaine Auteuil)
5 mars 2019

Antonia, est une femme des années 60, qui vit entre Italie, Suisse et Angleterre dans un milieu favorisé, entourée d'un fils et d'un mari. En apparence, tout la stabilité du monde lui est promise, et le bonheur aussi. Seulement ils lui échappent. Une distance toujours plus grande se creuse entre son mari méprisant et son fils happé par le côté paternel.
Nous lisons le journal d'une femme qui est perdue d'abord, seule face à tous, tâtonne, chemine, découvre les ressorts profonds de son malheur puis se libère enfin de sa prison dorée.
Ce texte excessivement simple sur la découverte de soi a la force de l'arrachement qu'il dépeint...

Sérotonine
22,00
par (Fontaine Auteuil)
27 février 2019

Florent-Claude pourrait n'être que l'antihéros plusieurs fois croisé dans l’œuvre de Houellebecq : le type, jamais très en forme, errant, échouant d'histoires d'amour en histoires d'un jour, fantasmant sur la moindre midinette... pour finir ici par trouver l'acmé du plaisir dans un supermarché offrant l'infini du désir dans la variété des boites d'houmous.
Assailli par une sévère dépression, notre homme tente une ultime quête, celle de son grand amour perdu. Commence alors un voyage, fait d'introspection, de rencontres et d'épreuves qui le rapprocheront à chaque fois un peu plus de la vérité, d'une vérité sur lui-même et sur le monde qui l'entoure.
En empruntant les chemins du roman initiatique médiéval, en allant à l'origine du récit occidental, Houellebecq nous livre un roman d'une lucidité crue sur l'essence même de notre être contemporain.
L'art de la formule et l'humour acide font mouche, l'art du portrait le place dans le sillon des grands moralistes, la citation et les références affleurent et la prose de Houellebecq, à la fois légère et profonde, emporte vers un indéniable plaisir de lecture.