Caroline P.

Voyages

Loti, Pierre

Bouquins

32,00
par (Fontaine Auteuil)
9 juin 2018

La collection Bouquins rend hommage à Pierre Loti, l'un des maîtres du récit de voyage en langue française. Écumeur des mers, il explore les quatre coins du globe en étant parmi les premiers à visiter l'île de Pâques. Du Maghreb à l'Extrême-Orient, des temples d'Angkor à Jérusalem il décrit avec toute la chair d'un orientaliste les hommes, les coutumes, les monuments qu'il rencontre. La richesse de la prose et le luxe inouï des détails transportent le lecteur comme dans un roman d'aventures. Pierre Loti déploie la fresque du monde dans ce recueil incontournable.

L'amie des jours en feu

Rasy, Elisabetta

Le Seuil

19,00
par (Fontaine Auteuil)
12 mai 2018

On a peu l'occasion de lire des récits relatant la Première Guerre mondiale sur le front italien : les combats de position y font rage, faits d'attente, de bombardements, et d'assauts tout comme au Nord, cet insatiable succession macabre a produit les mêmes désastres humains entre Italiens et Autrichiens. Sous le prisme de la rencontre et de l'histoire d'amour insolite de deux infirmières volontaires se déroulent les jours de peur, de travail harassant pour sauver ceux qui peuvent l'être et aussi de désir surgissant de l'effroi. Chacune a ses raisons sociales, familiales pour se retrouver au cœur de la tourmente.
Car si la guerre est le lieu de l'horreur et de la souffrance, reléguant le superflu, il permet à ces deux femmes de ne pas mentir sur leur rencontre autant que sur leur rêve de médecine pour l'une et de photographie pour l'autre. La guerre éclaire tout d'une lumière crue interdisant les faux-semblants et faisant accéder à ce qui paraît inatteignable. La simplicité avec laquelle Elisabetta Rasy décrit ces réalités contradictoires rend son roman tout à fait remarquable.

En camping-car
17,00
par (Fontaine Auteuil)
28 avril 2018

Sur les routes d'Europe en Combi Volkswagen et en compagnie de la famille Jablonka et de leurs acolytes, nous explorons le monde apparemment insouciant de l'enfance puis de l'adolescence dans les années soixante-dix et quatre-vingts. L'habituelle idée de la douceur de vivre attachée à cette époque traverse ce récit, qui fait la part belle aux escapades d'été, aux tablées joyeuses, à l'activité en plein air des débuts du tourisme de masse... Autant d'images d'Epinal de ces années bohème aux vêtements colorés et cheveux au vent... Cette recherche des loisirs, c'est le père de l'écrivain qui la porte comme un devoir : lui, enfant de la guerre et de déportés veut offrir à sa progéniture une vie à l'abri des privations, mais plus encore, faite d'éclats de rire.
Derrière la surface lisse des choses l'histoire a sa logique de détournement ou de compensation que ce texte met parfaitement en lumière. La joie et le sourire doivent construire un monde meilleur et le petit Ivan essaie toute sa jeunesse de se conformer à cette exigence de bonheur... Il semble y arriver sans peine, tout à l'enthousiasme du jeu, mais l'homme qui nous raconte son histoire a compris l'enjeu que cachaient les plaisanteries du père. Un beau texte qui saisit l'envers d'une époque, qui sonde les soubassements du bonheur.

L'Archipel du Chien
par (Fontaine Auteuil)
17 mars 2018

Méditerranée, aujourd'hui, trois candidats à l'exil échoués sur la plage d'une île qui pourrait être n'importe quelle terre de la Mare nostrum au large de l'Europe.
Cet événement vient bouleverser le cours des travaux de cette communauté insulaire. Les décisions prises par les premiers témoins de cette macabre découverte engagent pour toujours le futur. Le maire veut préserver l'unité et la sauvegarde de l'activité sur son île tandis que l'instituteur refuse le silence et veut ameuter les autorités continentales contre l'avis des autochtones. Deux consciences s'affrontent et aucune attitude ne résout parfaitement l'équation qu'impose la situation. Dans ce roman proche des Âmes grises, on retrouve le dispositif du secret, des personnages pris dans les rets de leur conscience et la force du trouble qui nous saisit en tant que lecteur face à un dilemme aux échos très actuels. La tension s'installe au fil des pages, faisant de ce roman un très bon thriller moral.

Play Boy
par (Fontaine Auteuil)
22 février 2018

Au premier abord on pourrait croire à un récit sur un « coming out », ce dont il s'agit en effet mais en partie seulement. Constance Debré nous parle aussi de son rapport à la famille, à l'argent, toujours problématiques et abordés avec une ironie cinglante. Il y a surtout l'amour dont la découverte et la conquête constituent les moments de répit et de grâce de l'existence, qu'elle parvient à nous rendre sensibles.
L'auteur fait de ce texte un exercice, presque une injonction à la lucidité. Et sa lecture devient alors une sorte de cellule de dégrisement, au cas où vous seriez nimbé d'une conscience du bonheur tout à fait hors du commun. Ce récit vaut pour son style sec et sans détour. L'auteur sait clore une démonstration par une sorte d'aphorisme définitif qui imprime son rythme à l'écriture. Pour ceux que tente le roman de soi, cet opus est une réussite.