Magali

Tous, sauf moi
24,00
par (Fontaine Luberon)
10 mai 2019

Dans son oeuvre romanesque,Francesca
Melandri décrypte l'histoire de l'Italie à travers des moments mal perçus ou oubliés.Cette fois,elle s'attaque à la colonisation de l'Ethiopie dès 1936 insufflée par Mussolini.Tout est décrit avec minutie : la cruauté des chemises noires,l'asservissement de très jeunes femmes,la lèpre qui touche cette population fragile et malmenée,la gabegie des administrations italiennes qui devaient censément construire des routes,des villes...
Un des héros,Attilio Profeti,jeune homme gâté par la vie, s'engage dans l'idée d'apporter la civilisation à ces peuples lointains.Il ne prend pas part aux exactions mais plus perfide il donne des conseils judicieux aux conséquences effroyables,il observe sans juger même cet "anthropologue" qui collecte les mesures anthropométriques des populations et qui en tire une doctrine suprématiste. L'auteure confronte cette situation à celle de l'immigration actuelle.La fille d'Attilio découvre le passé colonialiste de son père et l'existence d'une famille qui n'a pas pu venir en Italie,le métissage étant interdit.Roman très fort,des passages d'une immense cruauté,d'autant plus cruels qu'ils sont historiquement justes.

Le Bracelet
23,00
par (Fontaine Luberon)
17 août 2018


Le père du jeune Carl, juif converti
au christianisme, ne sera pas épargné
par une Allemagne nazie sans nuance. Sa
famille sera sauvée par la fuite et
entamera un long périple, jusqu'à
Shanghaie, une ville pas forcément
idéale, mais qui se révèlera une terre
d'accueil.
Le choix du retour en Allemagne se
posera après la guerre et le fils refusera de rejoindre ce père,survivant
de Dachau, mais qui a abandonné sa
famille. L'intrusion de l'Histoire, dans sa vie heureuse et rangée, sous la
bannière des Etats-Unis, va boulverser
son existence.
Ce roman, subtilement construit, distille les indices, sans dévoiler un
retournement inattendu. Lisez vite ce
beau roman qui nous confronte à de
fortes interrogations morales.

Et l'amour aussi a besoin de repos / roman
par (Fontaine Luberon)
1 juin 2018

"L'amour,la poésie triomphent de tout, sauf de la guerre". Sous le troisième Reich, la Yougoslavie se retrouve annexée. C'est dans une ville slovène, dominée par la présence allemande, que Sonja, une jeune fille naïve et fragile va tenter de sauver son amoureux, entré en Résistance et arrêté. La guerre et l'idéologie nazie vont brouiller les cartes et diviser les slovènes. Ceux qui sont pro-allemands prennent leur revanche. Dans cette atmosphère trouble et pesante, les personnages tentent de
choisir leur destin et se retrouvent obligés de subir ce qui peut les détruire. Drago Jancar nous livre un roman intense, terrible et lyrique, où la poésie console les personnages mais ne les sauve pas des bourreaux, qui s'imaginent au-dessus de tout alors qu'ils ont perdu leur part d'humanité.

Le théâtre de Slavek
par (Fontaine Luberon)
4 avril 2018

Slavek vit à Prague en ce début du XVIIIme siècle, entouré et choyé par ses parents. Un accident va le priver de l'usage de ses jambes, mais il a une telle confiance dans la vie et grâce à l'aide de son entourage, il tombe amoureux de l'univers du théâtre et devient le maître des lumières afin d'apporter aux spectacles une profondeur qu'accentue l'éclairage à la bougie. L'auteur qui connaît bien Prague pour y avoir vécu, nous fait partager les guerres, les épidémies, le destin de la communauté juive, l'histoire de la ville à laquelle le personnage est très attaché. Il témoigne de son goût pour la sculpture, l'architecture, l'artisanat aussi. Il symbolise tout le débat sur l'homme au XVIIIme siècle, tolérant, ouvert sur les autres et sur la culture.

Une verrière sous le ciel
par (Fontaine Luberon)
4 avril 2018

Ana vient de l'est, de ces pays soumis au régime soviétique ; ce jour-là, elle refuse de retourner dans son pays. Elle a dix-huit ans, elle a quelques petits aperçus de la vie en France, surtout à travers la littérature en français, langue censurée par le régime mais qui se faufile et se cache dans les bibliothèques.Tout cela doit lui permettre de commencer une nouvelle vie; ses parents en apparence très obéissants au régime, lui glissent à l'oreille de ne pas revenir de sa colonie. C'est sur la tombe de Modigliani qu'elle fait une rencontre déterminante Ana est le double, en plus jeune, d'une
compatriote, écartelée entre l'exil et ses racines. Elle devient "l'autre, quelqu'un d'autre qui nous sauve de notre propre mortalité". Autour d'elle, se crée une petite famille hétéroclite. D'abord muette, Ana aborde le français par la poésie, elle recherche "le livre" qui l'amènera à comprendre tout ce qui fait les gens, les caractères, les habitudes de son pays d'accueil.
Dans de livre, l'écriture exige de nous une lecture plus approfondie, l'introspection du personnage ne peut nous laisser insensible. En sortant du silence, Ana accepte de perdre un peu cette liberté intérieure qui reste un des ressorts les plus forts de ce beau roman.