Alexandra C.

La Rue de l'ours
par (Librairie L'Armitière)
14 novembre 2018

Souvenirs et nostalgie

Serge Bloch, dessinateur de son état, illustrateur des « Max et Lili » entre autres, a demandé à Marie Desplechin de l’aider à poser des mots sur les pages de son livre. Des mots doux, des mots tendres, des mots d’amour pour évoquer les siens. Il est issu d’une famille juive installée au cœur de Colmar, dans la rue de l’ours. C’est là qu’est nichée la boucherie familiale où son grand-père a passé sa vie, ainsi que son père et son oncle. Son père préparait la viande au fond du laboratoire, son oncle se chargeait de la comptabilité et de la clientèle, sa tante de la caisse, tout ceci sous l’œil avisé de son grand-père. Serge Bloch raconte son quartier, les gens qu’il a côtoyés lorsqu’il était enfant, il se raconte ses frères, sa sœur et lui, il raconte sa mère, une femme bien décidée à faire les choses comme elle l’entend. Le temps a passé, beaucoup s’en sont allés et ce texte est l’occasion pour l’auteur de rendre hommage aux personnes qui lui étaient chères. Il nous invite nous aussi, grâce à ce roman extrêmement touchant, à pousser la porte de la boucherie.

La Reine des quiches
par (Librairie L'Armitière)
10 novembre 2018

Drôle et acide

« La reine des quiches » c’est sûrement ce que pense Murielle d’elle-même, mais est-ce bien approprié? Il est vrai que tenir une rubrique animalière dans un magazine télé on peut rêver mieux, que la relation conflictuelle avec une mère peu aimante, que la rivalité avec une sœur parfaite et que ne pas réussir à faire un enfant peut ébranler la confiance en soi. Pour évacuer tout cela Murielle écrit, elle envoie depuis de nombreuses années ses manuscrits aux maisons d’édition, sans succès évidemment. Jusqu’au jour où Antoine Gallimard, en personne, la contacte pour lui annoncer qu’il aimerait publier son roman pour la rentrée littéraire prochaine. Elle n’y croit pas, elle pense qu’on lui fait une blague. Ce roman, elle n’en avait même pas parlé à son mari, elle avait glissé l’enveloppe dans la boite aux lettres, comme elle le fait toujours, presque machinalement. Et c’est ce texte que tout le monde va pouvoir lire, un roman sur la stérilité, sujet qu’elle connaît bien. Elle y a mis en scène une femme stérile qui décide de faire l’amour avec des inconnus de manière compulsive. Mais ce coup de projecteur soudain, ce succès, cette notoriété dont elle n’est pas coutumière la déstabilise. Comment assumer tout cela? Elle ne pense qu’à se cacher dans un petit trou de souris, se faire oublier et retrouver la tranquillité de sa vie bien rangée. Un roman drôle et acide qu’il ne faut surtout pas hésiter à ouvrir. Très bon moment assuré.

Le Roi disait que j'étais diable
par (Librairie L'Armitière)
22 septembre 2018

Aliénor d'Aquitaine, reine de France.

Comme toujours, quand Clara Dupont-Monod sort un roman, je le lis avec curiosité. J’aime beaucoup sa manière d’écrire et c’est toujours avec le plus grand plaisir que je découvre les personnages qu’elle a choisi de dépeindre. Cette foi-ci, c’est sur Aliénor d’Aquitaine et son époux, le Roi Louis VII, qu’elle s’est penchée. Aliénor est une femme de caractère, qui sait ce qu’elle veut, elle aime le pouvoir, la guerre et souhaite que le Roi se comporte comme tel. Louis VII, quant à lui, préfère Dieu, la prière et se laisse bien souvent dicter sa conduite par son conseiller, un prêtre. Il aime profondément sa femme, l’admire, l’amuse parfois, mais elle finit par le pousser à faire des choses qui vont à l’encontre de ses propres convictions. Tout chez ces deux-là s’oppose et c’est de façon certaine le pays qui en fait les frais.

La révolte
par (Librairie L'Armitière)
22 septembre 2018

Aliénor, Richard et le pouvoir.

Il s’agit bien d’une révolte, celle orchestrée par Aliénor d’Aquitaine contre son époux, le roi d’Angleterre.
Clara Dupont-Monod donne la parole à Richard Cœur de Lion. Il raconte son amour et son admiration pour sa mère, Aliénor, cette femme droite et fière qui fut mariée au roi de France, à qui elle ne donna aucune descendance, mais dont le roi était fou. Jugeant son mari trop peu enclin à faire la guerre, à se comporter en roi, elle reprit sa liberté, chose extraordinaire pour l’époque, et épousa le Roi d’Angleterre avec qui elle eut huit enfants dont Richard Cœur de Lion.
Henri Plantagenêt était un homme avide de pouvoir et colérique, capable de renier ses enfants, de détruire tout sur son passage et notamment l’Aquitaine si chère au cœur d’Aliénor. C’est pour cette raison qu’elle décide de lever une armée avec l’aide de deux de ses fils pour renverser Le Plantagenêt. Mais ils échouent, le roi emprisonne Aliénor pendant plusieurs années. Richard finira par vaincre son père bien des années plus tard.
La plume de Clara Dupont-Monod envoute une fois de plus son lecteur et l’emmène au Moyen-Age vivre dans l’intimité de cette reine et son fils. Ce roman historique est passionnant comme l’était son précedent roman « Le roi disait que j’étais diable » édité en 2014.

Tenir jusqu'à l'aube
par (Librairie L'Armitière)
21 septembre 2018

La solitude d'une mère

Une jeune femme vit seule avec son enfant de deux ans qu'elle aime par dessus tout. Son compagnon les a quitté. Elle vit à Lyon, loin de sa famille et de ses amis. Elle s'occupe exclusivement de son fils, n'a plus le temps de travailler, de prendre soin d'elle-même. Elle ne sort de son domicile que pour aller au parc.
Elle est à bout. Jusqu'au jour où elle se permet d'aller prendre l'air en laissant son enfant dans son lit, endormi. Elle a conscience qu'elle prend le risque qu'un accident survienne. Puis de jour en jour, elle repousse les limites de sa promenade et va de plus en plus loin.
J'ai adoré ce roman, sombre et angoissant,qui m'a bousculé, qui m'a fait me sentir parfois mal à l'aise face à cette mère au bord du précipice.