Géraldine G.

De l'ardeur / histoire de Razan Zaitouneh, avocate syrienne, Prix Renaudot Essai 2017
par (Librairie La Buissonnière)
16 novembre 2017

Mémoire vive

Une nuit de décembre 2013 Razan Zaitouneh, avocate et activiste syrienne, est enlevée à Douma, très probablement par un groupe salafiste. Depuis cette date, aucune preuve de vie n'est jamais parvenue à ses proches. Justine Augier dessine le portrait de cette femme exceptionnelle ainsi que de la militante hors norme qu'elle était. Elle révèle également avec acuité l'état de la Syrie aujourd'hui et des violences qui pèsent depuis des décennies sur sa population. Enquête pointue, hommage sensible, tentative biographique, essai historique, ce récit est aussi protéiforme que nécessaire.

L'homme de l'hiver

Geye, Peter

Actes Sud

Neuf 22,50
Neuf à prix réduit 22,50
par (Librairie La Buissonnière)
14 novembre 2017

Un long fleuve intranquille

Le cours de l'existence prend parfois la forme secrète et insoumise du lit d'une rivière. Ce beau roman qui mêle intrigue familiale et relation intense, presque spirituelle, à la nature sauvage en est une sublime illustration.

La Nature des choses
par (Librairie La Buissonnière)
14 novembre 2017

Thriller désertique

Dix jeunes femmes retenues prisonnières en plein désert australien sous la matraque crétine de deux loosers et d'une "infirmière"qui maîtrise la science médicale autant qu'un fleuriste l'art de débiter une carcasse de bœuf... Décor planté pour ce texte sec et nerveux où l'on suffoque comme dans les romans de Sandrine Collette et d'où émerge en filigrane un parfum de "girl power" sous la forme de l'inversion des rapports de domination et de l'usage de la violence. Lecture addictive !

Martin Eden - édition collector
par (Librairie La Buissonnière)
14 novembre 2017

Classique et fondamental

Texte fondamental à tout point de vue, "Martin Eden" contient l'ensemble des thèmes qui traversent l’œuvre de Jack London : l'amour, l'aventure, la révolte sociale, la quête de l'idéal, l'urgence de s'accomplir mais aussi une profonde mélancolie liée au désenchantement du monde. Ce roman de "désapprentissage" se découvre et se relit au fil du temps avec la même intensité de lecture et la même émotion.

Zouleikha ouvre les yeux

Iakhina, Gouzel

Les Éditions Noir sur Blanc

24,00
par (Librairie La Buissonnière)
27 octobre 2017

Parce que son intrigue se déploie sur une vingtaine d'années dans des espaces géographiques aussi vierges qu'hostiles ; parce qu'elle ancre son texte dans une période douloureuse de l'histoire russe, celle de la dékoulakisation, qui a vu les paysans des provinces spoliés et déportés par un pouvoir qui ne supportait pas l'idée d'entreprise individuelle ; parce qu'elle tente vaillamment pendant 400 pages de réunir deux personnages que tout oppose et enfin parce qu'elle s'inspire de son histoire familiale, Gouzel Iakhina prenait le risque de livrer un roman indigeste et laborieux. Et c'est tout l'inverse qui se produit !

Solaire, ample, comme illimité, le souffle romanesque qui habite "Zouleikha ouvre les yeux" soulève immédiatement le lecteur pour le déposer aux côtés de son héroïne et il est impossible de rompre la "relation narrative" ainsi créée. Quel personnage époustouflant que Zouleikha ! Aussi paradoxal que grandiose, son destin la conduira à accéder à l'émancipation totale à l'endroit même de la captivité, de la faim, du froid et du travail forcé. Amour maternel, amour charnel, autonomie de femme libre, liberté de choix, remise en question des croyances et de la religion, tout sera doucement conquis par cette femme qui était maintenue avant le début du roman dans une ignorance absolue, par son vieux mari et par son exécrable belle-mère, de tout ce qui peut constituer la joie de vivre. Et pourtant elle n'a rien d'une conquérante : son parcours tient davantage de la candeur absolue que de la lutte. Et cela caractérise tout aussi bien l'écriture de Gouzel Iakhina : elle a su constituer un noyau de calme autour duquel, pourtant, la violence du monde gravite. Tout est simple et tranquille dans ce livre monumental, tout coule avec fluidité comme les eaux de l'Angara.