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Annesophie B.

https://www.instagram.com/annesophiebooks/?hl=fr

chroniqueuse littéraire à temps complet.

Une enquête de Will Trent / La dernière veuve : kidnappée, brisée, emprisonnée, la Crime Queen est de retour
1 juillet 2020

Toujours aussi efficace.

Nouveau roman de Karin Slaughter, La Dernière Veuve reprend les principales qualités de l’auteure.

Rythmé et prenant, c’est un très bon exemple de thriller efficace, comme Slaughter a l’habitude de nous proposer.

J’ai une petite préférence pour ses one-shots, comme pour tout auteur d’ailleurs, mais j’ai vraiment passé un excellent moment de lecture avec ce petit bébé de 580 pages.

Il fait partie de la série « Will Trent », mais vous pouvez sans aucun problème découvrir ce nouveau roman même si vous n’avez pas lu les titres précédents.

Juillet 2019, alors que Michelle et sa fille Ashley ressortent d’une grande surface, la mère est enlevée sous les yeux de la jeune adolescente.
Août 2019, Sara et Will déjeunent chez les parents de la jeune femme lorsqu’ils entendent de fortes détonations. Comprenant rapidement qu’il s’agit d’explosions venant du campus d’Emory, ils se rendent sur place pour venir en aide. Malheureusement, avant même d’y arriver, Sara sera enlevée elle aussi...

En nous offrant une intrigue qui parle tout autant de terrorisme, de politique, de dérives sectaires, de racisme, de sexisme, d’intolérance, Karin Slaughter touche un public aussi large que varié, et interpellé par la justesse de certaines situations.

La haine. Les haines, toujours plus nombreuses et plus promptes à montrer leurs odieux visages.

L’action démarre dès les premières pages et le rythme ne ralenti pas avant les dernières pages. D’ailleurs il est difficile de poser ce livre avant la fin.

Avec des chapitres qui suivent, quasiment heure par heure, Sara d’un côté, et Will de l’autre, l’auteure maintient le lecteur sous une tension maximale, du début à la fin.
Bref du très bon Slaughter, qui propose une nouvelle histoire aussi passionnante que nerveuse.

Je le recommande à tous les lecteurs qui recherchent un bon thriller à la trame efficace et addictive, et tout autant aux fans de l’écrivaine qu’à ceux qui ne la connaissent pas encore.

Un vrai page-turner !

Le jour où Kennedy n'est pas mort
1 juillet 2020

Superbe.

Avec son style élégant, ses intrigues haletantes, ses personnages forts, et, surtout, ses atmosphères à couper le souffle, Ellory est pour moi l’un des meilleurs écrivains de sa génération.

Savoir qu’il s’attaquait cette fois à l’histoire de JFK m’a donné quelques sueurs froides. Écrire sur un homme dont la vie est devenue légendaire me semblait risqué. Nombre de romans ont déjà traité le sujet.
Ellory allait-il réussir à renouveler cette fascinante histoire ?

La réponse est oui.

Je tiens à souligner, puisque la question a été posée, que ce roman est une uchronie, mais n’est absolument pas à comparer au mémorable 22/11/63 de S. King.
Ici pas de voyages dans le temps, pas de multiples façons de modifier le passé, et aucune notion de littérature fantastique.
Dans ce thriller, l’auteur part du postulat qu’il ne s’est rien passé ce jour-là à Dallas.
John F. et Jackie Kennedy s’y sont bien rendus, mais aucun coup de feu n’a jamais éclaté.

Nous voici donc en juillet 1964, JFK est toujours président et s’apprête à se représenter.
Mitch Newman, journaliste à la carrière inexistante et au passé délicat, apprend le suicide de Jean, son ex-fiancée. Mais ni lui ni la mère de la victime ne croient à cette version et il comprend rapidement que Jean enquêtait sur une mystérieuse affaire, liée à Dallas et à la visite présidentielle.

Décidé à connaître la vérité, il mène enquête, quitte à mettre à jour un incroyable secret d’État.
Ce roman suit donc d’un côté les investigations de Newman et de l’autre la famille Kennedy et ses proches, nous plongeant dans les arcanes de la politique et de ses nombreux travers.

Et une nouvelle fois, Ellory nous prouve sa facilité à nous immerger dans une époque en recréant toute une atmosphère, et à nous ferrer dans une intrigue extraordinairement réelle et addictive.
On reste estomaqué de la masse considérable de recherches et de connaissances que l’auteur a accumulées et par le talent dont il fait preuve en les remodelant pour servir son histoire.

À la fois sombre et brillant, ce thriller est une nouvelle pépite.
La sublime rencontre entre la magnifique plume de Ellory et le mythe des Kennedy.
Une lecture à savourer sans hésitation !

Un assassin parmi nous
19,90
30 juin 2020

Lecture d'été.

Besoin de repos dans un lieu calme et isolé ?

Pourquoi ne pas opter pour un séjour au Mitchell’s Inn, un charmant hôtel, perdu en forêt, et sans connexion internet ?

C’est ce que trois couples, un avocat, une écrivaine et deux amies ont décidé de tenter, chacun pour des raisons différentes.

Mais, dès le lendemain matin, alors qu’une tempête de neige se déchaîne provoquant une coupure d’électricité et les isolant totalement du monde extérieur, ils découvrent un cadavre au bas de l’escalier.

Autant dire que pour le calme et le repos, c’est raté.

Alors qu’ils en sont encore à se demander s’il s’agit d’une chute accidentelle ou d’un meurtre, la découverte d’un deuxième corps va rapidement les aider à répondre à cette première question.

S’ensuit donc un week-end interminable, entre enquête, suspicions, frayeurs et mensonges multiples. Parce que ce second cadavre soulève également une autre évidence : le coupable est forcément l’un d’entre eux.

Petit thriller mené à la façon d’un Cluedo, Un Assassin Parmi Nous est d’une lecture sympathique et se lit facilement.

Ce ne sera pas le polar du siècle (ni même de l’année), mais il offrira un moment de détente au lecteur en recherche d’une intrigue simple et rafraîchissante pour l’été.

Il pourra également beaucoup plaire aux adeptes de thrillers « doux », pour peu qu’ils ne soient pas trop regardants sur quelques invraisemblances (quasiment obligatoires pour un roman recréant une ambiance de murder party).

Il répond à quasiment tous les critères du genre : meurtres, lieu isolé, météo extrême, groupe d’inconnus réunis par hasard, secrets inavouables et alibis bancals. Et l’auteure sait s’en servir pour nous emmener où bon lui semble, et ainsi nous leurrer jusqu’à sur le véritable coupable.

Le rythme est bon, et l’ambiance bien retranscrite.

Le style est simple et efficace, pour ce type d’intrigue.

Ce roman a, d’après moi, les défauts de ses qualités, car en répondant très bien au principe de murder party, il s’exempte de toute obligation de profondeur scénaristique et de développement d’empathie pour les personnages.

Un thriller en huis clos que je recommanderai donc avec certaines réserves, en fonction du type de lecteurs.

Il était deux fois...
22,90
21 juin 2020

Diabolique.

Franck Thilliez revient cette année avec un thriller absolument diabolique qui va très longtemps faire parler de lui.

Il Était Deux Fois regroupe tous les critères du pur thriller, et a l’énorme avantage d’y associer les larges connaissances de l’auteur sur tout ce qui touche aux mécanismes de la mémoire, mais également aux différentes techniques de police scientifique.

Le style de l’auteur est toujours aussi efficace, le rythme, lui, est encore plus soutenu que dans tous ses précédents romans, et les personnages profonds et complexes à souhait.

L’intrigue est tout bonnement saisissante, et ferre le lecteur dès les premières pages pour ne plus le lâcher.

Comme souvent, Franck Thilliez s’amuse avec ses lecteurs en semant tout au long de sa trame des références et autres indices déguisés, ce qui fait de ses romans, et de celui-ci en particulier, une lecture à multiples niveaux.

À ce sujet, il me semble important de souligner le lien étroit qui unit Il Était Deux Fois à l’un de ses précédents titres : Le Manuscrit Inachevé.
Bien que ce nouvel opus puisse sans aucun problème être lu indépendamment, je ne peux que vivement vous conseiller d’avoir lu Le Manuscrit au préalable. Il ne s’agit pas ici d’une suite à proprement parler, mais l’auteur a créé un arc narratif très particulièrement dont vous apprécierez d’autant plus l’expérience (l’excellente expérience !) si vous détenez les multiples références faites au Manuscrit.

En dire plus serait un crime, je ne peux donc que vous dire que ça a été un véritable coup de cœur, vous conseiller de vous procurer Il Était Deux Fois au plus vite, et de prévoir une absence quasi totale de vie sociale durant sa lecture.
Ce qui de toute façon ne durera pas très longtemps, puisqu’une fois commencé il est impossible à lâcher et que ses 500 pages défilent à la vitesse de la lumière.

Enfants disparus, pluie d’oiseaux morts, pertes de mémoires, enquête trépidante, faux semblants et vrais méchants, Il Était Deux Fois réunit tous les éléments d’un thriller terriblement percutant.

Efficace, addictif, diabolique. Les trois meilleures raisons qui soient de vous précipiter sur ce thriller hors-normes.
Un titre à savourer sans modération !

Reine de beauté

Green, Amy K.

Belfond

19,90
21 juin 2020

Bon thriller psychologique.

Un thriller psychologique qui fonctionne et qui sait se faire aimer.
Avec Reine de Beauté, Amy Green propose une intrigue qui, personnellement, a su m’embarquer.

On y suit, en alternance, Jenny, âgée de 14 ans, dans les jours qui ont précédé son meurtre, et Virginia, sa demi-sœur âgée de 26 ans, dans les jours qui suivent ce même meurtre.

J’aurais préféré que Virginia, qui est de loin mon personnage préféré, soit un petit peu plus jeune, pour que certaines de ses actions et réactions soient plus appropriées, mais ce n’est qu’un avis personnel, et ça n’enlève rien à l’intérêt du roman.

Bien entendu c’est un thriller psychologique, qui répond donc aux codes du genre, mais l’auteure a su se servir d’une trame qui marche très bien et fait tourner rapidement les pages.

Le monde des mini-miss y est bien restitué, avec ses travers et ses risques, physiques comme émotionnels.
Comme souvent dans ce monde là, ce sont les parents qui sont les plus attachés à tous les titres que les enfants qui sont eux, plus victimes que demandeurs.

Mais le plus gros de l’intrigue se joue plutôt sur les liens familiaux et les tourments qui s’y rapportent, en particulier lorsqu’il y a famille recomposée.
On y parle également beaucoup du rapport à l’autre à l’adolescence, et j’ai trouvé Amy Green assez juste dans ses représentations du sujet.

Le style est convaincant et promet de très bons prochains titres de cette plume.
Le rythme est bien tenu et rend la lecture très agréable, l’alternance des voix se chargeant elle de la rendre addictive.
Une mention particulière à Virginia, le personnage le plus poussé de l'histoire.

On ressent dans la mise en que l’auteure travaille dans le milieu cinématographique, et on imagine sans mal une adaptation de ce roman à la télévision.

Quelques incohérences pourront être relevées, mais elles sont souvent inhérentes au thriller psycho-domestique et ne m’ont donc absolument pas dérangée.

Secrets, mensonges et drames familiaux se croisent au fil des pages et nous induisent régulièrement en erreur sur le véritable coupable.

Un roman à découvrir pour les amoureux du genre, et qui m’a personnellement beaucoup plu.
À lire pour passer un agréable moment de tension.