sandrine57

Lectrice compulsive d'une quarantaine d'années, mère au foyer.

Le trône de fer., 9, La loi du régicide, Le trône de fer
8,10
23 mai 2018

Le jeune roi Joffrey n'est plus, empoisonné lors de son banquet de noces. Tyrion, le coupable tout désigné, croupit dans les geôles de Port-Réal, dans l'attente d'un procès dont il sait déjà l'issue. Sa sœur et son père veulent sa mort mais son frère mène une enquête discrète en vue de le disculper. En effet, Jaime est de retour et a pris le commandement de la Garde royale. Sa capture, sa libération et l'amputation de sa main droite ont fait de lui un autre homme, plus réfléchi, moins arrogant. Mais pourra-t-il sauver Tyrion de la vengeance de Circei ? Et aussi saura-t-il honorer la promesse faite à Catelyn Stark ? Rien n'est moins sûr. Nul ne sait où est Arya et Sansa a elle aussi disparu...
Bien loin de la cour, de ses complots, de ses turpitudes, Jon Snow et ses frères de la garde de nuit continuent de défendre le Mur contre des sauvageons de plus en plus nombreux et féroces. Accusé de trahison et d'assassinat, le bâtard de Winterfell n'en continue pas moins de se battre, d'imaginer les meilleurs moyens de défense, tout en espérant une aide extérieure qui se fait attendre.
Encore plus loin, Daenerys marche toujours vers Port-Réal avec ses troupes. La route est longue mais elle prend chaque ville, l'une après l'autre, libérant les esclaves, punissant tous ceux qui ne se plient pas à sa volonté. Elle sait qu'elle n'est pas encore prête pour la dernière bataille, aussi décide-t-elle de s'installer, pour un temps, à Meereen.

Après Les noces pourpres, de sinistre mémoire, et le choc causé par la mort de plusieurs personnages phares de la série, l'heure est au bilan...Les Stark ont été décimés. Restent Arya, toujours avec Clegane sur les chemins à la recherche d'une personne susceptible de payer sa rançon et de la recueillir, Sansa qui a fui Port-Réal et son mari tout neuf pour un avenir incertain et Bran, délaissé dans ce tome. Un mari dont la vie ne tient plus qu'à un fil, poursuivi par la haine de sa sœur et de son père. Les Lannister n'en finissent pas de se déchirer et l'amour familial n'est décidément pas à l'ordre du jour. Tyrion est donc mal en point mais Jaime tire son épingle du jeu. De détestable, il devient de plus en plus sympathique, à mesure qu'il s'intéresse au monde autour de lui, aidé en cela par la perte de sa précieuse main de touche. L'homme est diminué mais cela le grandit.
Encore une fois, l'intérêt pour la série ne s'essouffle pas. On continue d'espérer, de frémir, de se réjouir ou de se lamenter avec ces personnages qui sont devenus des familiers qu'on aime ou que l'on déteste. Tout est possible pour la suite. Certains vont souffrir, peut-être même mourir, c'est la seule certitude. Pour le reste, il va falloir se plonger dans Le chaos...

Des mérites comparés du saké et du riz, illustré par un rouleau japonais du XVIIe siècle

illustré par un rouleau japonais du XVIIe siècle

Collectif

Diane de Selliers

160,00
21 mai 2018

Associées à la Bibliothèque nationale de France, les éditions Diane de Selliers nous livrent ici une impressionnante somme de travailpour lequel des chercheurs français et japonais ont collaboré pendant plus de trois ans.
Et le résultat est à la hauteur ! Les reproductions détaillées du rouleau originel sont minutieusement expliquées pour nous faire comprendre les us et coutumes de l'art de la table à la japonaise mais aussi la philosophie qui les accompagne. A travers la ''dispute'' de trois convives qui prônent chacun une conception de la vie nous découvrons la gastronomie, mais aussi, en amont, la préparation du riz et des divers aliments, la fabrication du saké, etc. Une fois les différentes interventions des spécialistes, n entre dans le vif du sujet et le rouleau lui-même et les dessins, de toute beauté, se passent presque d'explications tant ils sont explicites et détaillés. On peut, par exemple, visualiser le soin que portent les japonais à la présentation des plats. C'était vrai au XVIIè siècle et c'est toujours vrai aujourd'hui. Au niveau du texte, il s'agit donc des discussions enflammées entre un noble amateur de saké, un moine grand consommateur de riz et un guerrier partisan de la modération, ici appelée la ''voie du milieu''.
C'est un livre, ou plutôt un coffret, de belle qualité qui donne vraiment envie. L'objet est une merveille, on ressent sa préciosité et la chance de le posséder. Par contre, il est difficile à chroniquer ! Si le but était la vulgarisation, les spécialistes passent un peu à côté avec des explications longues et difficilement accessibles pour un simple amateur. Il faut probablement être très féru de culture et d'Histoire japonaises pour en apprécier dignement le contenu. Mais pour tous, il reste un très beau livre, une source inépuisable d'informations, à picorer au gré de ses envies de découvertes.

Pour la beauté du geste

Isabelle Buisson

Librinova

6,99
19 mai 2018

Tété est grand, Tété est beau, Tété est cool et Tété a entre les jambes une arme de séduction massive qui séduit toutes les filles. La dernière en date, une dentiste folle de lui, lui a offert un nouveau sourire gratis. Mais il l'a larguée dès qu'elle a parlé mariage. Bref, ça marche fort pour Tété. Il aime foncer dans Paris au volant de son 4x4, écouter la musique à fond malgré les plaintes de son voisin et depuis peu il aime aussi Adrienne, une fille du tonnerre aussi frappée que lui. Quand il défonce l'arrière d'une voiture auto-école, il ne s'inquiète pas plus que ça et prend la fuite. Mais Dominique, le moniteur, s'en indigne. Le père de famille nombreuse, toujours amoureux de sa ''bergère '', toujours sur liste d'attente pour une HLM, obligé de vivre avec tous ses gosses dans une caravane, se rebelle devant ce richard qui se croit autoriser à lui foncer dedans et à partir. Entre les deux hommes, la guerre est déclarée et ils ne feront pas de quartier.

Roman polyphonique où chaque chapitre est la voix d'un personnage. On y rencontre au gré des pages Maud, une commerciale quadra, mariée, mère de famille et amante de Tété. Mais aussi un ancien taulard qui rêve d'Argentine, une auteure qui prend des leçons de conduite, Adrienne qui se remet d'un grave accident de la route et bien sûr Tété et Dominique. Le premier est en pleine ascension sociale et ne pense qu'à sa réussite quels que soient les moyens pour y parvenir, le deuxième est au bas de l'échelle, inculte, pauvre, sans espoir. Une simple collision scelle leur rencontre et leur perte...
Le style est perfectible mais le ton est moderne, le langage cru, la plume acérée. L'auteure a du potentiel et même si ses personnages tombent dans la caricature, on ne peut s'empêcher de s'y attacher. Non pas qu'ils soient sympathiques, bien au contraire, on atteint des sommets de vulgarité et de médiocrité, mais l'histoire est addictive et les chapitres défilent à un train d'enfer.
De bonnes idées et du rythme alors malgré les défauts (dialogues qui sonnent faux, vocabulaire parfois inadapté au personnage), on ne s'ennuie pas une minute avec ce roman très actuel.

La Femme aux fleurs de papier
Neuf 16,50
Occasion 9,00
11 mai 2018

14 avril 1916. Les Dolomites résonnent des tirs d'artillerie qu'échangent italiens et autrichiens. En mauvaise posture, les autrichiens tiennent encore le mont Fumo mais pour combien de temps encore ? Quand ils capturent trois soldats ennemis, le commandant voit une opportunité de les échanger contre un officier autrichien prisonnier du camp adverse. Un homme semble être leur chef mais il se tait, ne veut dire ni son nom, ni son grade. C'est Jacob Roumann, le médecin du camp, qui est chargé de faire parler le mystérieux individu. Mais l'homme n'entend pas se livrer sans faire une étrange négociation. Il a des histoires à raconter, celle de Guzman et celle d'un homme qui fumait un cigare en avril 1912, sur le pont du Titanic qui sombrait corps et biens. Alors le médecin, fasciné, envoûté, écoute le prisonnier, dans l'espoir de lui sauver la vie d'abord, puis d'en savoir plus sur l'insaisissable Guzman.

Connu pour ses polars, Donato Carrisi change ici de registre pour nous livrer un roman qui tient plus du conte des mille et une nuits que du thriller machiavélique. Il s'agit cependant d'une belle histoire à l'écriture très poétique. La rencontre entre deux hommes, l'un raconte, l'autre écoute et le récit qui parle d'amour, de voyage, de vies mouvementées et aventureuses est parfois stoppé par la guerre qui fait rage à l'extérieur de leur grotte. Poésie du conte et noirceur de la guerre...
Si l'on suit avec un certain intérêt le récit de l'italien, la vie de Guzman et l'histoire du médecin autrichien et de sa fameuse femme aux fleurs de papier, il manque tout de même quelque chose à tout cela pour en faire un grand roman. Peut-être y a-t-il un sens caché derrière tous ces mystères ? Mais il est trop bien dissimulé pour sauter aux yeux...On termine donc la lecture un peu perplexe mais sans déplaisir. Un coup d'essai pour l'italien, prometteur mais à transformer.

Chère Mrs Bird

Pearce, A.J.

Belfond

21,00
8 mai 2018

Malgré la guerre et le Blitz qui frappe Londres chaque nuit, Emmelyne Lake est aux anges. Elle partage un appartement avec Bunty, sa meilleure amie, elle participe à l'effort de guerre en tenant à mi-temps le standard des pompiers et elle est fiancée à Harold, un jeune homme charmant qu'elle connaît depuis l'enfance. Seule ombre au tableau : son travail de secrétariat chez un notaire. Epatée par les articles des femmes journalistes pendant la guerre d'Espagne, Em caresse le rêve de devenir reporter de guerre ! Aussi, quand elle découvre une petite annonce pour un poste d'assistance au London Evening Chronicles, elle sait avec certitude qu'elle tient là une chance d'entrer dans le monde merveilleux du journalisme. Euphorique, elle postule, obtient un entretien et...déchante. Il ne s'agit pas de travailler pour le London Evening Chronicles mais pour Women's day, un journal féminin sur le déclin. Qu'à cela ne tienne ! La jeune femme accepte le poste et la voilà assistante de Mrs Bird. A charge pour elle de trier le courrier des lectrices pour la rubrique ''Problèmes''. Mais la tâche est ardue. Mrs Bird est un dragon revêche et ses critères de sélection sont draconiens. C'est un véritable crève-coeur pour Emmy qui doit détruire toutes les lettres, et elles sont nombreuses !, qui ne conviennent pas à son irritable patronne, chantre de la pudeur et de la bienséance. Toutes ses femmes auraient pourtant besoin d'aide et Emmy ne compte pas en rester là...

Avec chère Mrs Bird, AJ Pearce réussit le tour de force de concilier légèreté et drame. L'époque n'est pas gaie, Londres en 1941 souffre quotidiennement des attaques aériennes allemandes, les hommes sont au front, les femmes doivent faire face. Partie intégrante de l'effort de guerre, elles sont encouragées à vivre comme si de rien était, à se faire belle, à s'amuser, à soutenir les Forces anglaises, à narguer Hitler par leur beauté et leur joie. C'est dans ce contexte que nous faisons la connaissance d'Emmelyne Lake, dite Emmy ou Em, une jeune fille fraîche, pétillante, enthousiaste et ambitieuse. Elle a entendu le message de la patrie et passe ses nuits chez les pompiers où elle répond aux appels désespérés des londoniens bombardés. Elle se rêve reporter de guerre, nourrit de grande ambitions professionnelles, malgré la désapprobation de son fiancé. La guerre a fait évoluer les mœurs, les femmes se libèrent et Emmy est de celles qui veulent faire bouger les choses. Insouciante, parfois maladroite, elle fait sa route, entourée par ses amis Bunty et William, encouragée par des parents ouverts d'esprit. Alors même quand elle entre, par erreur, à la rédaction d'un magazine féminin en perte de vitesse, elle ne baisse pas les bras et cherche à résoudre les problèmes de toutes ces femmes qui font face, amoureuses, trompées ou abandonnées. Car les moeurs évoluent mais pas pour tout le monde ! Mrs Bird, la rédactrice en chef par intérim, ne tolère aucun manquement à la bienséance. Le courrier des lectrices est pour elle une plaie et elle ne répond qu'aux questions pratiques qui ne concernent ni le sexe, ni l'adultère, ni l'amour, ni, ni, tout ce qui touche de près ou de loin aux sentiments. La liste est longue des sujets tabous pour la pauvre Emmy qui doit trier le courrier avant de le soumettre à sa terrible patronne.
Beaucoup d'humour, de frivolité, de bonne humeur mais aussi des descriptions très réalistes de la vie des londoniens durant le Blitz. Des moments plus graves aussi avec la perte d'un être cher dans un bombardement, et les lettres parfois touchantes de ces femmes qui vivent des drames personnels. Une vraie réussite que ce roman qui parle de solidarité, d'amitié, d'amour et de la guerre avec un ton résolument optimiste et une légèreté qui cache beaucoup de profondeur. Les personnages ne sont pas en reste, hauts en couleurs et très british. Un excellent moment de lecture. Une suite est prévue, on l'attend avec gourmandise.