sandrine57

Lectrice compulsive d'une quarantaine d'années, mère au foyer.

La surprise de Noël

Macomber, Debbie

Diva

15,90
3 décembre 2018

À l'approche des fêtes de Noël, Merry Knight est plus débordée que jamais. Au travail, elle est sur le point de boucler un dossier très important et ne compte plus les heures supplémentaires exigées par son patron, l'intransigeant Jay Bright. À la maison, sa famille s'appuie entièrement sur elle. Son père est en déplacement toute la semaine, sa mère, atteinte d'une sclérose en plaques, s'affaiblit de jours en jours et son frère, trisomique, demande beaucoup d'attention. Pourtant, Merry est heureuse. Son contrat touche bientôt à sa fin et elle pourra ensuite profiter pleinement de sa période de l'année préférée. Mais sa mère et son frère se font du souci. Merry est jeune, belle, intelligente, dévouée, pétillante et... toujours célibataire ! Les deux complices décident de lui offrir un cadeau d'anniversaire un peu particulier : un abonnement sur un site de rencontres sur internet. D'abord furieuse, la jeune fille s'adoucit et se laisse même prendre au jeu. Et là voilà, conversant tous les soirs avec Jay, un inconnu qui fait battre son cœur. Mais quand ils décident de passer du virtuel au réel, tout s'effondre pour Merry. Elle connaît Jay et elle le déteste !

Petits biscuits aux épices, vin chaud, illuminations et flocons de neige... C'est Noël ! Et pour se mettre dans l'ambiance, quoi de mieux qu'une charmante romance aux parfums de cannelle ? La surprise de Noël réunit tous les ingrédients pour un moment de déconnexion du train-train quotidien et un plongeon dans la guimauve des bons sentiments : des personnages, certes stéréotypés, mais attachants, une famille qui s'aime et se soutient et un amour naissant avec son lot d'obstacles et de malentendus. En ouvrant ce roman, on sait à quoi s'attendre et le job est fait, et bien fait.
Une comédie romantique comme on les aime, sans surprise, mais chaleureuse, moderne, bonne pour le moral.
À réserver bien sûr aux grands romantiques.

Trauma, 2, Les visages de Victoria Bergman
Neuf 8,90
Occasion 5,90
2 décembre 2018

Ça ne va pas fort pour la commissaire Jeanette Kihlberg. Son fils adolescent refuse de lui parler, son mari court le monde avec sa maîtresse et, au travail, on l'a sommée de classer l'enquête sur les enfants sans-papiers assassinés. Mais elle n'a pas le temps de s'appesantir sur ses problèmes puisqu'elle est chargé de l'enquête sur l'assassinat particulièrement sauvage d'un homme d'affaires en plein cœur de Stockholm. C'est l'occasion pour la policière de reprendre contact avec Sofia Zetterlund, sous le prétexte de lui faire dresser un profil psychologique du meurtrier. La psychologue accepte de l'aider bien qu'elle soit elle aussi empêtrée dans des problèmes personnels. Ses souvenirs du passé restent très vagues, ses moments d'absence se multiplient et les séances d'auto-hypnose qu'elle s'inflige accentuent un peu plus sa confusion. Quand un deuxième meurtre est commis, Jeanette met les bouchées doubles et découvrent des occurrences entre cette nouvelle enquête et l'affaire des enfants assassinés. Quelqu'un semble vouloir venger des faits anciens, punir les personnes mêlées à des affaires de pédophilie, de maltraitances, d'inceste. Est-ce la mystérieuse Victoria Bergman dont elle a perdu la trace ?

Dans la droite ligne du premier tome (Persona), on retrouve cette ambiance sombre qui est la marque de cette trilogie. Les thèmes restent les mêmes, la violence faite aux enfants, la pédophilie, l'inceste, mais les auteurs s'intéressent ici aux suites des traumatismes subis. La reconstruction est-elle possible quand on a été trahi au plus profond de son être par un parent ? Comment survivre à des viols répétés ? S'autodétruire, se sentir coupable ou se venger ? Les réactions sont diverses mais les constatations sont invariablement des vies brisées et une souffrance indélébile. Dans ce tome, la commissaire s'approche de la vérité des faits mais doit faire face au silence des victimes et des coupables. Secrets et tabous favorisent encore cette bande organisée qui semble intouchable malgré ses méfaits les plus vils. C'est donc bien la psyché des victimes qui est au cœur de l'ouvrage et les mécanismes de défense de l'inconscient face aux agressions. Dans le tome 3, on attend avec impatience l'arrestation des monstres bien sûr, mais aussi les révélations à propos de Victoria Bergman et ses personnalités multiples.
Une trilogie de qualité malgré sa violence psychologique.

La fraternité

Slatkine et cie

18,00
30 novembre 2018

Quand Hans perd subitement ses parents, il pense être recueilli par sa tante, seule membre de sa famille qui lui reste. Mais Alex préfère l'envoyer dans un pensionnat chic où il passera une jeunesse solitaire, seulement éclairée par un jésuite qui l'initie à la boxe. Alors quand sa tante le contacte, il hésite. Elle lui propose une bourse pour étudier à Cambridge, assortie d'une mission. Sous un faux nom, Hans devra intégrer le Pitt Club, une fraternité sélecte et secrète de l'université, et enquêter sur un crime commis en son sein. Voyant là une occasion de se rapprocher d'Alex, le jeune homme arrive à Cambridge et grâce à Charlotte, une étudiante fille d'un ancien membre du club, ainsi qu'à ses talents de boxeur, il réussit à s'intégrer dans cette fraternité si convoitée. L'enquête peut commencer.

Bienvenue au Pitt Club ! Un univers masculin où l'on reste entre soi pour profiter des plaisirs de la vie : les femmes, l'alcool, la drogue, la boxe. C'est là que se forgent les amitiés qui feront les partenariats de demain, là que se côtoient les riches et les puissants. Là aussi que Hans, jeune allemand parachuté à Cambridge, devra découvrir quelques secrets bien gardés. Sur fond de vengeances, d'agressions sexuelles et d'amours impossibles, Takis Würger signe un roman élégant et inclassable. Roman noir, polar, roman initiatique, roman choral, campus novel, La fraternité est tout cela à la fois. Si Hans en est le héros principal, l'auteur donne aussi la parole à d'autres personnages qui gravitent autour de lui, sa tante, un boxeur membre du club, un étudiant chinois prêt à tout pour y entrer, etc. Toutes ces voix éclairent tour à tour les mystères et les vices qui entourent ce fameux Pitt Club. Un roman à découvrir.

Le Meurtre du Commandeur, Livre 1 : Une idée apparaît

Livre 1 : Une idée apparaît

Belfond

23,90
29 novembre 2018

En se mariant, le narrateur avait mis de côté ses prétentions artistiques pour devenir un portraitiste sans génie mais de bonne renommée. Mais quand, après six ans d'un mariage sans nuage, sa femme lui annonce qu'elle veut divorcer, il quitte Tokyo et se lance sur les routes pour une errance existentielle qui le mène à Odawara dans la maison d'un peintre célèbre, Tomohiko Amada, spécialiste de la peinture traditionnelle japonaise, le nihonga. Là, sur une montagne isolée de tout et de tous, il décide d'abandonner les portraits pour se consacrer à l'art véritable. Difficile pourtant de trouver l'inspiration, d'autant que le cours paisible de sa nouvelle vie est perturbé par des phénomènes étranges. C'est d'abord un voisin mystérieux, Wataru Menshiki, qui lui commande son portrait contre une somme exubérante. Mais le visage de l'homme semble insaisissable et reste hermétique à son pinceau. C'est ensuite une cloche qui le réveille toutes les nuits à heure fixe, un son d'outre-tombe qui attise autant sa curiosité que son inquiétude. C'est aussi un tableau peint par Amada caché dans le grenier, intrigant car complètement différent de l'ensemble de son œuvre. Et puis surtout c'est cette idée qui apparaît, au sens concret du terme. Une idée qui s'est incarnée dans un petit personnage issu du tableau et que lui seul peut voir...

Murakami serait-il intouchable ? À peine son livre paru, les critiques dithyrambiques se sont multipliées, tout le monde crie au chef-d'œuvre, évoque un livre hypnotique, envoûtant.. .Parce qu'il est de bon ton d'encenser le prolifique auteur japonais ou parce que c'est tout simplement le cas ? Un peu des deux sans doute. On n'ose égratigner le mythe parce qu'on aime sa plume, son univers onirique. Et il y a dans "Le meurtre du commandeur" cette touche si personnelle, ces descriptions précises du monde qui est le nôtre, puis ce lent glissement vers l'incertain, l'imprévu, l'incongru, le surnaturel. Il n'en demeure pas moins que ce n'est pas un chef-d'œuvre. Le rythme est lent, le style répétitif jusqu'à l'ennui et on peine à croire à la métaphore de l'idée incarnée dans un personnage du tableau d'un grand maître japonais. D'un autre, on aurait même pu dire que ça frôle le ridicule...
Et pourtant, on s'y laisse prendre ! Quitte à s'ennuyer, autant le faire sur les routes japonaises ou dans une maison isolée sur la montagne, avec la musique de Mozart en fond sonore et en compagnie d'un peintre qui renaît de ses cendres.

La merveilleuse boutique de crèmes glacées de viviane
23 novembre 2018

C'est d'abord le doute qui assaille Anna et Imogène quand, à la surprise générale, elles découvrent que leur grand-mère Viviane leur a légué sa vieille boutique de crèmes glacées à Brighton. Anna vient d'obtenir une promotion à son travail et est entrain d'emménager dans un nouvel appartement avec l'homme de sa vie. Imogène, quant à elle, vit en Thaïlande où elle passe son temps entre les fêtes sur la plage, les séances de surf, les photos sous-marines et les bras du beau Luca. Les deux sœurs ont des rêves, des projets et reprendre la boutique n'en fait vraiment pas partie. Mais au fil des souvenirs de Viviane qui adorait son petit commerce, au doute succède l'envie de tenter l'expérience. Et les deux jeunes femmes décident de se lancer !

C'est banal comme une glace à la vanille, doux comme une glace à la fraise, acidulé comme un sorbet au citron, romantique comme un granité à la rose, gourmand comme une glace italienne. En bref, c'est de la chick lit classique avec de bons sentiments, de l'amour, des trahisons, des rêves, des embûches, une pointe d'exotisme et une méchante ou deux pour pimenter un peu la guimauve. Évidemment, ce n'est pas de la grande littérature mais ça fait le job. Pour se détendre, pour lire sans réfléchir, cette escale dans la charmante ville de Brighton est un bon choix. Et en prime, Abby Clements nous livre quelques recettes de crèmes glacées bien appétissantes. Alors pourquoi pas ?