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Ludivine F.

Cantique rituel

Atalante

12,90
par (Lettre et merveilles)
30 juin 2022

Les dévoreurs de haine

Voici un roman qui ne laisse pas indifférent, quelle réussite ! Des scènes d'actions complètement épiques, une galerie de personnages haut-en-couleurs, des monstres humains et non humains totalement angoissants, de la magie, des chants ancestraux, des dilemmes moraux, saupoudrez le tout de référence à l'Histoire des États-Unis et de l'esclavage, vous obtenez Ring Shout ! Résumons : un groupe de chasseresses de la communauté afro-américaine traque les Ku Klux, des créatures d'un autre monde prenant l'apparence de citoyens blancs pour les infiltrer, encourager les tensions raciales dans la société et se nourrir de leur haine accumulée. Les ennemis se multiplient, le danger est de taille. D'autant qu'un rituel d'ampleur se prépare à Stone Moutain, utilisant le pouvoir hypnotique du cinéma patriotique américain pour rassembler une foule de dévots et appeler... une chose venue d'ailleurs. Petit avertissement : pour entrer pleinement dans ce récit, il faudra au lecteur sortir un peu de sa zone de confort car l'auteur a pris le parti de faire s'exprimer ses personnages aussi fidèlement que possible au parler noir-américain des années 20. Rien de compliqué cependant, on s'y fait vite, le tout gagne en authenticité et en immersion. Un régal d'action et de fantastique horrifique !

L. L. Kloetzer

Le Bélial

19,90
par (Lettre et merveilles)
24 juin 2022

Mon domaine : l'impossible

Gros coup de cœur de notre rayon littératures de l'imaginaire !! Un jeune sorcier arrive dans la Capitale pour monter son affaire, accompagné de son guide et serviteur qui se demande bien dans quoi il s'est embarqué... Une fois le local choisi et l'enseigne installée, des clients arrivent pour profiter de la magie de Noon, pourtant, celui-ci refuse les cas qui lui sont soumis. Mais alors, que cherche-t-il ? Voici une liste des raisons pour lesquelles ce roman est formidable :
1. Il est TRÈS bien écrit !! Le style est fluide, imagé, élégant, l'exercice est d'autant plus complexe que le roman est écrit à 4 mains par Laurent et Laure Kloetzer.
2. On plonge tout de suite dedans, pour qui aime l'immersion, vous serez servis. Les descriptions des paysages, des ruelles, des visages, des odeurs et des sons, tout nous transporte au cœur de l'action comme si nous y étions.
3. ça n'en fait pas trop ! Nul besoin de multiplier les péripéties, les monstres, les gestes héroïques, les complots ou les dramas pour tenir un récit de fantasy. Quelques bons éléments, une poignée de personnages intéressants, une plume brillante, le tour est joué !
4. C'est magique, mystérieux, sombre, on y parle de choses souterraines, de très vieux pactes, de dieux anciens... et plein de choses encore.
5. Sans oublier les belles illustrations crayonnées noir et blanc qui accompagnent le texte, donnant encore plus de charme à cette édition !
EN BREF : découvrez-le, on tient ici une excellente dark fantasy !

par (Lettre et merveilles)
16 juin 2022

Fougueuse famille

Carmen a très peu connu ses parents, des révolutionnaires anti-franquistes, qui l'ont laissée en France aux bons soins de ses sœurs aînées avant de se faire arrêter. La famille Ruiz-Monpean s'est depuis installée à Marseillette et Rita, l'une des sœurs, tient un café dans lequel vont et viennent de nombreux habitués. Hors de leur pays d'origine, la vie a continué et de nouveaux liens se sont créés. Carmen a une quarantaine d'année lorsque décède sa nièce chérie, la fille de Rita, leur rayon de soleil. Elle qui dansait et chantait à merveille, la voyageuse, l'amoureuse, la douceur incarnée. Celle que Carmen considérait comme sa presque fille. La narratrice se replonge alors dans les souvenirs de sa vie et de sa famille. Toujours dans les jupes de ses sœurs à la vingtaine, protégée des coups du sort, choyée. Les années passant, elle papillonne à droite et à gauche lorsque s'épanouissent ses envies de découvertes et sa sensualité. A 30 ans, sa fuite sur un coup de tête avec le séduisant Antonio, torero de son état, charmeur hors pair, mais aussi grand manipulateur qui ne lui réservera pas que des bonnes surprises. Ses années derrière les barreaux où elle découvre une violence à laquelle personne ne l'avait préparée. Son amitié avec une détenue influente qui lui fait découvrir la littérature. Et son retour auprès des siens, grandie, changée, mais pas au bout de ses surprises... Dans ce récit, on s'invective en espagnol, on s'adore en français, on se déteste dans les deux langues, on veut fuir mais on n'est jamais aussi bien que dans les bras de ses proches. Une jolie écriture, beaucoup de moments touchants, des personnages au caractère bien trempés, c'est cette ambiance que nous offre Olivia Ruiz dans son nouveau roman : très réussi !!

Au vent des îles

16,00
par (Lettre et merveilles)
2 juin 2022

Dans l'enfer du bagne

Fin XIXe siècle, alors que la guerre contre la Prusse est imminente, Victor, jeune bandit de 16 ans, voit son destin chamboulé. Après l'agression d'un bourgeois qui tourne mal, son père, son grand frère et lui se font attraper par les gendarmes. Son paternel ordonne alors au jeune homme d'endosser la responsabilité du crime pour acquitter Alphonse, qui, lui, a une femme et des enfants. N'osant pas discuter la consigne, Victor est alors condamné par le tribunal. D'abord emmené au bagne de Toulon, il se confronte à l'extrême violence des gardiens de prison et doit intégrer très rapidement les codes pour survivre dans cet univers infiniment hostile. Peu de temps après arrivent les communards, des gars endurcis, idéalistes, soudés, qu'on envoie au trou pour leur résistance à l'Empire. Parmi eux, Léopold, un dur à cuire, infatigable défenseur de ses camarades, beau comme un prince. Victor, dans son désespoir, s'attache à ce nouveau venu comme à une bouée de sauvetage. Mais les conditions ne cessent de se durcir et quelques mois plus tard, les voilà sur un navire direction la Nouvelle-Calédonie, le bagne de Nouméa... autrement dit, le bout du monde, pour Victor qui n'a jamais vu l'océan. Les coups pleuvent, leurs geôliers se déchaînent, mais certains n'ont pas l'intention de croupir là-bas. Le roman est inspiré de faits historiques puisque ces bagnes ont réellement existé et l'on imagine que les conditions étaient aussi peu tendres que le décrit Franck Chanloup, qui nous embarque dans une aventure de survie aux côtés d'un héros qui lutte à chaque instant pour la possibilité d'un espoir. Un récit fort et touchant !

Jacques-Olivier TROMPAS

Au vent des îles

15,00
par (Lettre et merveilles)
28 mai 2022

De l'art étrange et difficile de suivre ses valeurs

Antoine a presque trente ans, vit sur l'héritage de son grand-père, qui était jusqu'à peu sa seule famille restante, dans un appartement parisien. Sous ses fenêtres, les manifestations se succèdent, les militants affluent, on lutte pour plus de justice sociale, pour le climat, pour une révolution. Antoine, lui, ne se sent pas concerné et flotte dans la vie sans travail, sans attaches et sans but. C'est donc ballotté par le hasard qu'il se retrouve à suivre la piste d'une jolie demoiselle jusqu'à la ZAD de Notre-Dame-des-Landes. Le début d'une aventure rocambolesque qu'il n'aurait jamais imaginée et qui le mènera jusqu'en Australie, terre chérie de son grand-père ethnologue, amoureux de la culture aborigène. De coups du sort en malchances, Antoine se retrouve dans de sales draps, mais, alors que tout pourrait aller encore plus mal, se dessine la possibilité d'un pardon et une voie vers la lumière. Après tout, Gugubarra, le messager du dieu Baiame chante tous les matins pour rappeler aux vivants le message : aux ténèbres de la nuit succède encore le jour.
Ce roman nous offre une belle galerie de personnages souvent bousculés dans leurs croyances et leurs valeurs, se heurtant à la complexité du réel et les obligeant à repenser la façon dont ils veulent vivre et faire partie du monde. Une lecture intelligente et inspirante !