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Fabien B.

Une maison faite d'aube / roman, Roman
par (Fontaine Luberon)
24 mai 2021

"Je suis un homme sur la terre immémoriale"

« Une maison faite d’aube » est une puissante évocation d’une terre sacrée, celle des indiens Kiowas, une terre source de mystères, de rêveries et de peurs que Momaday met-en-scène avec une rare intensité. Le passage du temps, le rythme vital des saisons, l’évocation des rites ancestraux scandent le roman tel des fragments arrachés au grand livre de la vie. L’écriture charnelle du romancier-poète nous invite implicitement à utiliser les cinq sens dont nous disposons pour appréhender le monde qui nous entoure. Le récit laisse beaucoup de place au lecteur pour qu’il puisse y projeter sa propre sensibilité et donner un sens aux multiples évènements qui irriguent l’histoire dans un mouvement perpétuel. Roman, conte, récit animiste et sauvage, manuel d’ethnographie poétique, « Une maison faite d’aube » ne rentre dans aucune case et pourra dérouter les amateurs de narration classique. Momaday nous invite à célébrer la langue et le pouvoir évocateurs des mots dans une histoire hors du temps ou le réel et l’imaginaire se confondent.

Oiseaux de tempête
par (Fontaine Luberon)
14 mai 2021

Etre marin en Islande c'est être soldat en temps de guerre

Un roman bref et épique où le lecteur, à l'instar des marins du Màfur, est ballotté avec fureur de bâbord à tribord. Mais qui aurait pu imaginer des conditions aussi terrifiantes ? Cette zone de pêche à l'ouest de Terre, le Banc des mouettes tridactyles est connue pour son calme et ses vents modérés... Einar Karason décrit avec précision le fonctionnement du bateau que le lecteur visite dans ses moindres recoins.
Le cœur de mille trois cents chevaux de ce corps d'acier, tant qu'il bât, éloigne les marins d'une mort certaine. Résistera-t-il aux déferlantes qui assaillent sans relâche le chalutier des jours durant et amènent les marins aux portes de la folie ?

19,00
par (Fontaine Luberon)
15 mars 2021

Les sentiers de la perdition

Il attendait ce moment depuis si longtemps Jean Maynier, baron d’Oppède, premier président du Parlement de Provence et détenteur du pouvoir judiciaire. L’absence du comte de Grignan, gouverneur de Provence, lui confère également le pouvoir militaire, des lors les jours des Vaudois en Luberon sont comptés… Ce que l’on présente comme un combat pour l’église n’est, en fait, qu’une affaire de vengeance personnelle contre toute une famille. C’est toute la force de ce roman de Jean Contrucci, d’exposer avec clarté et discernement les basses raisons qui ont conduit au massacre. Arnaud de Montignac, envoyé sur place par la reine Marguerite de Navarre, favorable à la tolérance religieuse, ne pourra que constater la cruauté du baron. Il l’observe à de multiples reprises et se demande comment un homme peu vivre « après », avec, en soi, le souvenir de telles monstruosités ? Quelle longue détérioration des sentiments humains faut-il subir pour en arriver là ? A plus d’un titre ce roman d’histoire et d’aventures, ou subsiste l’espoir, captive par la plume alerte de son auteur et soulève des questions essentielles sur la nature humaine.

The white darkness
Neuf 16,50
Occasion 15,50
par (Fontaine Luberon)
10 mars 2021

L'au-delà infini

L’histoire d’Henry Worsley est celle d’une obsession, d’une quête impossible, qui à un nom : Antarctique, et qui a un visage : celui de Sir Ernest Shackleton (1874-1922). La lecture d’"Au cœur de l’Antarctique" va réveiller chez le jeune Henry une fascination mystérieuse pour l’inconnu et lorsqu’il apprend qu’un parent éloigné, Frank Worsley a participé aux expéditions de Shackleton, il intègre en quelque sorte la grande histoire de l’âge d’or des explorateurs de l’Antarctique. Shackleton fascine Worsley qui en 1909 prit la décision « la plus désintéressée et la plus stupéfiante qui ait jamais été prise de toute l’histoire de l’expédition polaire-il fit demi-tour ». Il était alors tout proche du pôle mais s’il continuait il épuiserait les provisions dont son équipe, déjà très affaiblie, avait besoin pour le trajet du retour. Il s’agira donc pour Henry Worsley de repartir, près de cent ans plus tard, sur les traces de son mentor et de boucler avec Will Grow et Henry Adams, descendants eux aussi de membres de l’équipe originelle, « une histoire familiale restée inachevée ». Un récit envoutant et tendu de bout en bout par David Grann sur un homme dévoré par un mystérieux appel intérieur.

EN DESCENDANT LA RIVIERE

Abbey Edward

Éditions Gallmeister

22,00
par (Fontaine Luberon)
21 janvier 2021

« Un jour ou l’autre, tout homme se doit de descendre la rivière. »

C’est par cette phrase extraite d’une vieille lettre de Paul Abbey, père de l’auteur, que débute ce recueil de douze récits censés servir « d’antidote au désespoir ». Pari gagné même si force est de constater, quarante ans après ces écrits, que notre bonne vieille Terre supporte de plus en plus difficilement les activités de ces groupes agro-militaro-industriels qui alimentent « la Machine à Puissance et Croissance Perpétuelle ». Dans la lignée d’un John Muir ou d’un Henry-David Thoreau, qu’il évoque dans la première partie du livre avec panache, humour et un sens critique très affuté, Abbey est certes un formidable conteur du monde sauvage, mais aussi un esprit libre et irréductible dont les écrits et les actes ont amené de nombreux américains à une prise de conscience écologique des années soixante jusqu’à nos jours. D’ailleurs, après avoir descendu les rivières avec Cactus Ed, lisez « Désert solitaire », publié en 1968, manifeste sublime sur la défense de la nature sauvage et déjà terriblement prophétique sur nos temps incertains. Et après l’avoir lu relisez-le.