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Elia L.

Dieu et nous seuls pouvons

Michel Folco

Points

Neuf 7,40
Occasion 3,55
par (Librairie de l'Angle rouge)
12 novembre 2020

Michel Folco, le caustique historien-romancier

"Dieu et nous seuls pouvons", voilà ce qui orne la façade de la demeure de la dynastie Pibrac, bourreaux de génération en génération.
En réalité, comme l'affirme le Septième du nom: "le terme exact est Exécuteur des hautes œuvres(...)Nous ne saurions être des bourreaux puisque nous sommes le bras armé de la justice(...)On couvre de gloire les militaires qui tuent des innocents servant tout comme eux leur patrie et nous qui ne tuons que des coupables, on nous couvre de mépris!"

Fresque grinçante au style ravageur s'étalant de l'an de grâce 1683 à l'aube de la première guerre mondiale , cet étonnant ouvrage s'inspire très librement de l'Histoire de France et de ses figures emblématiques (notamment Charles Henri Sanson) pour nous emmener définitivement du côté de la chronique burlesque.

De Justinien Premier, enfant trouvé au nez tranché, qui devient coupeur en chef par le fruit du hasard, au Septième Justinien, redoutable vieillard à la barbe teinte et au verbe haut, on domestique un loup, on se rend habillé en rouge aux obsèques de V.Hugo, cet "abolitionniste résolu", on respecte en tous points le professionnel adage "un cou est un cou", on est si mauvaise langue qu'on s'empoisonne avec sa propre salive, on jette des sorts pour faire trembler le quidam... BREF, on se fait remarquer.

Dans ce monde, la dent est dure comme le pain noir. Dans ce monde, arriver à la deuxième place, ce n'est qu'être le premier des derniers.

Un régal d'humour-sauce barbare!

Moi en Double NED
par (Librairie de l'Angle rouge)
7 novembre 2020

Une belle bande dessinée moyen format qui nous parle d’un sujet de taille: celui de l’obésité et de la place qui nous est assignée ou que l’on s’autorise à prendre dans la société lorsqu’on souffre de surpoids.
C’est un récit autobiographique que nous livre Navie, par l’intermédiaire du formidable crayon d’Audrey Lainé. C’est une histoire de combats, à la fois publics et intimes: contre le mensonge du «paraitre heureuse» quoiqu’il en coûte, contre la mort et l’usure du corps, contre le silence des proches et le tabou...
C’est contre un double redoutable qui, posé sur son épaule ou langoureusement allongé sur son lit, lui susurre de craquer pour une plâtrée de pâtes au milieu de la nuit que la narratrice lutte. Ce double qui entrave certes, mais aussi celui qui, en isolant, protège.
Et c’est grâce au dessin noir et blanc, parsemé de subtiles et signifiantes touches rouges, d’Audrey Lainé que nous pénétrons dans le tourbillon de ce qui, profondément, viscéralement, se joue ici. Jusqu’aux magnifiques dernières pages , empreintes de douceur et d’espoir, qui nous laissent comme rebattu.es par la vague. C’est vibrant, c’est grave, extrêmement sensible et truffé d’humour!