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Gwendal O.

Récréalivres est la seule librairie spécialisée jeunesse de Sarthe. Elle est aussi Librairie-Relais de L'école des loisirs et est dotée d'un Square depuis 2012.

par (Librairie Récréalivres)
24 mai 2017

Lost

Après la comédie douce amère du "Pays qui te ressemble" publiée dans la même collection (dont on retrouve d'ailleurs ici les deux personnages principaux dans une courte apparition sous forme de clin d'oeil), Fabrice Colin travaille avec "Magnetic Island" une veine plus sombre, proche des univers explorés en littérature générale (dans "Le Syndrôme de Godzilla" par exemple). Cyan est un adolescent complexe et fascinant, difficile à cerner. Son enquête pour retrouver sa grande soeur disparue est le point de départ d'une quête plus vaste et notamment celle d'une réécriture de l'histoire familiale. Pour le coup Cyan est bien servi, entre un père réalisateur star obsédé par le travail, une mère négligente et un grand père éternel adolescent. L'auteur soigne son ambiance cinématographique ultra référencée et son impeccable tracklist pour prendre d'inattendus virages tout en dosant parfaitement la dimension fantastique de l'intrigue. Un très bon thriller qui devrait plaire aussi bien aux grands ados qu'aux adultes.

par (Librairie Récréalivres)
24 mai 2017

Comme un ouragan...

Ce bref roman de Christine Avel est une excellente surprise. Chronique d'un voyage mère / fille aux Bahamas, l'auteur capture avec justesse l'éveil au monde d'une adolescente délaissée par le biais d'une passion naissante pour la photographie. L'instrument par lequel les regards changeront n'est pas anodin : un mythique Leica volé. "Boîtier noir sobre, objectif et façade d'un beau métal gris mat". Les situations sonnent juste et le personnage d'Elise, tout en cynisme et maladresse, est aussi agaçant que touchant.

Marion ACHARD

Talents Hauts

12,00
par (Librairie Récréalivres)
26 janvier 2017

Le peuple du chemin s’inspire directement d’un article d’Anne Sibran publié dans la revue XXI, de l’histoire véridique de deux indiennes survivantes d’un massacre ayant eu lieu en 2013 en Amazonie. Dans ce court roman, Marion Achard s’empare de l’histoire de Dakota et Conta et tente de sensibiliser un lectorat de jeunes adolescents au sort de ces peuples isolés dont la vie est menacée par la destruction de leur habitat naturel. L’auteure rend possible avec une vraie sensibilité l’immersion dans cette forêt devenue un enjeu économique du fait de l’exploitation des ressources pétrolifères. Si elle s’autorise une liberté sur l’issue de la terrible aventure de Dakota sa narratrice, la tonalité globale du roman reste sombre, sans concession à une forme éventuelle d’édulcoration. On regrettera toutefois le choix de la narration à la première personne qui, nécessitant une légère mise à niveau du lecteur, rend parfois peu réaliste cette voix censée nous toucher.

Etienne DELESSERT

MeMo

Neuf 16,00
Occasion 7,57
par (Librairie Récréalivres)
21 janvier 2017

Etienne Delessert s’est fait connaître en France dans les années 80 avec le célèbre personnage de Yok Yok. Depuis quelques années les éditions MeMo nous font redécouvrir ce grand artiste devenu plus discret, la beauté de son trait velouté et de ses couleurs un peu éteintes. Fourru Bourru est une fable sur l’amitié et le partage, des thèmes régulièrement abordés pour le jeune public. L’auteur met en scène un ours coiffé d’une « toque noire parée de rubans et de grelots » perché sur un grand hêtre. Ce couvre-chef va devenir le refuge d’une foule improbable d’animaux divers qu’une plus diluvienne va surprendre. C’est avec la simplicité du sage, dans une relecture inspirée de l’Arche de Noë, que l’auteur fait résonner joyeusement cette cohabitation musicale avec l’actualité la plus sombre.

19,50
par (Librairie Récréalivres)
24 septembre 2016

Démons & sentiments

Sous une couverture légèrement trompeuse empruntant aux codes du roman historico-romantique, les presque 600 pages de "Lady Helen & Le Club des Mauvais Jours" laissent une impression mitigée. Alison Goodman à qui l'on doit le dyptique "Eon" et "Eona" ose un improbable mashup entre le roman historique (la Régence anglaise) et un fantastique teinté d'ésotérisme. La 4ème de couverture ratisse donc large : "Entre Romance à la Jane Austen et Fantasy Noire". Les amoureux de l'auteure invoquée, récemment mise à la sauce vampire au cinéma, n'ont plus aucune raison de s'étonner depuis fort longtemps. Alison Goodman réalise ce grand écart avec un savoir faire certain mais aussi pas mal de raideur... et de lenteur. Le roman très réussi par moments s'enlise en effet parfois dans des scènes répétitives et le lecteur a souvent le sentiment d'être en avance sur les personnages. L'univers du roman, revendiquant une originalité qui devrait laisser sceptiques les amateurs de steampunk, pourrait fonctionner un peu à la façon de l'excellente série anglaise "Penny Dreadful". Malheureusement l'attention apporté à la reconstitution historique (digne des meilleurs romans de Mary Hooper), le soin accordé aux atermoiements adolescents de l'héroïne s'accordent finalement assez mal avec la puérilité du background fantastique (pour résumer une société secrète réduite à une 10aine de personnes contre les Forces du Mal). "Lady Helen" ne manque pourtant ni de charme, ni d'ambition. Les pages consacrées à l'entrée dans le monde de l'héroïne, à son entrevue avec la reine, sont pleines de panache. On reconnait aussi à l'auteure une certaine audace (surlignée par le contexte puritain du pastiche) dans le traitement de l'éveil à la sensualité d'Helen. Des atouts qui tiennent le lecteur jusqu'à la fin de ce qui n'est qu'un premier tome. Un drôle de roman qu'on aurait voulu aimer sans réserves.