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Am Fred B.

Presses universitaires de France

11,00
Conseillé par
3 avril 2024

Vita activa - Contre la société de la performance.

" Par manque de repos, notre civilisation court à une nouvelle barbarie" (Nietzsche). Philosophe jardinier - ou l'inverse ! - l'auteur de ce court essai nous invite à méditer un instant sur les raisons de notre épuisement mental. Surabondance d'informations, de stimulations, d'injonctions à la positivité et au "Yes, we can !". Notre hyperactivité n'est en somme que passivité. L'ennemi est intérieur, puisque la contrainte est intériorisée par des âmes épuisées, en guerre contre elles-mêmes. Or la création est l'enfant du rêve et de l'ennui, comme la culture est fille de l'attention. Les machines sont trop bêtes pour douter, alors que notre humanité éclôt dans l'étonnement et la contemplation solitaire. "Jamais on n'est plus actif que lorsqu'on semble ne rien faire " (Caton). Apprenons donc à voir. Simplement.
Éloge de la vie contemplative.

Anne-Marie

Conseillé par
23 mars 2024

« Depuis toujours, je suis folle des images »

C’est comme reprendre un livre depuis longtemps perdu, et qui pourtant fascine par sa fraîcheur et son énergie. Voilà une très belle surprise que cette anthologie : de 1966 à 2002, un itinéraire dans la poésie d’une auteure aujourd’hui connue comme essayiste surtout. On ouvre une porte depuis trop longtemps fermée, et vous saute aux yeux la belle audace du surréalisme flamboyant, celui de Breton et Desnos, avant que leurs continuateurs l’usent jusqu’à la corde. On revient aux sources d’un lyrisme révolté et sauvage. Annie Le Brun nous mène dans des espaces oniriques, ouvre pour nous le petit théâtre somptueux du rêve et du désir, peuplé d’images fortes - rappelons qu’elle a beaucoup fréquenté le marquis de Sade… Humour et affirmations péremptoires, provocation et gravité vont de pair. Excès aussi, c’est la loi du genre.

Comme souvent en poésie, on ne « comprend » pas tout. Parfois oui, parfois non. Et alors ? On entre, on goûte, on expérimente, on entrevoit. On rit. On se réjouit.

« La délicatesse est sauvage ou n’est pas » : tout un programme.
Frédéric

Les larmes sont le propre de l'homme

Albin Michel

17,90
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3 mars 2024

Parce qu'apprendre à pleurer, c'est apprendre à vivre. La puissance des larmes.

Que faire de nos larmes ? Et de celles des autres, qui nous bouleversent ou nous embarrassent ? Abattu par le deuil, le philosophe plonge dans un tunnel de larmes, qui le pousse à donner sens à cette manifestation d'émotions codifiées, souvent jugées gênantes dans nos sociétés du contrôle et de la rentabilité. Car les larmes sont l'occasion de ressaisir en soi une intensité vitale parfois oubliée, et pour ceux qui les regardent, une expérience d'empathie et de vulnérabilité. Déploration solitaire d'un passé qui ne passe pas, elles peuvent devenir imploration solidaire, sublimée par la prise de conscience de l'injuste, et par l'action de réclamer réparation pour un avenir commun. Armes de ceux qui ont tout perdu, les larmes méritent une juste reconnaissance dans les société démocratiques, faute de quoi elles tournent à la rage, la vengeance et la violence des guerres. Intime moment d'humanité, les pleurs mettent à l'épreuve nos forces de vie et de sensibilité, de création et d'imagination. Anne-Marie

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27 février 2024

Qu'est-ce qui fait danser le monde ? "L'art de renouer avec la vie " !

Pourquoi les intellos ne savent-ils pas danser ? Amoureux d'une étoile de l'Opéra de Paris, le philosophe s'étonne de tout ce qui fait le quotidien d'une danseuse : d'où vient un corps de danseuse ? Comment mémorise-t-elle autant de gestes ? Quel élan vital l'anime ? Entre enquête personnelle et essai philosophique, l'auteur rythme son parcours d'observations de séances de travail, de notes de lectures et d'entretiens directs. Il jalonne sa réflexion du récit de formation de Ludmila Pagliero, issue d'une famille modeste d'Argentine, et de textes essentiels sur la danse, les relations entre corps et esprit, mémoire et langage, intelligence et intuition, discipline et liberté, rituel et création, clarté et émotion. Qu'est-ce qu'un "beau geste" ? un artiste ? Pourquoi avons-nous besoin de danser ? - Où l'on réapprend que "le geste est plus que la parole. " (François Delsarte).

Anne-Marie

Ahmet Altan

Actes Sud

21,80
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5 janvier 2024

Dans la peau d'un terroriste

Ziya a seize ans lorsqu'il commet son premier meurtre. Il veut ainsi venger son frère et se conformer au code de l'honneur viril de la société patriarcale turque des années 1900. Ayant échappé de justesse à la pendaison, puis à la réclusion à perpétuité, il traîne dans les salles de jeu une vie d'ennui et d'infamie, qui lui vaut plus de crainte que de respect. Seule la compagnie des femmes lui inspire une retenue sacrée et le fait sortir de sa sauvagerie. Encore une fois, Ahmet Altan retrace le parcours fulgurant d'un jeune homme naïf mais brutal, que les femmes initient à une autre vision de la vie et du courage. Pour comprendre le mécanisme des passages à l'acte terroristes, le romancier décrit avec subtilité l'enfermement dans une insensibilité inhumaine et la fièvre de jouer avec sa propre mort. "Il savait qu'en tuant il mourrait lui-même, puis ressusciterait. (...) Un jeu taillé pour son âme." Anne-Marie