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Sébastien M.

Conseillé par (Librairie Le Grenier)
30 mai 2024

Bon, ça ne se fait pas de commencer un livre par la fin, on est d’accord ? Mais là, on fait une petite exception et on se rend à la page qui précède les remerciements : c’est la playlist qui regroupe quelques-unes des chansons mentionnées dans Better than the movies.
On lance la platine CD et/ou l’appli de streaming et on plonge direct dans l’ambiance délicieusement pop du roman de Lynn Painter.
Et quelle meilleure manière d’accompagner Liz dans sa recherche du grand Amour que de le faire en écoutant Billie Eilish, Taylor Swift ou Joni Mitchell ?
 
Liz, c’est notre héroïne : lycéenne passionnée de comédies romantiques, celles qui nous mettent des paillettes dans le cœur au moment des fêtes (Coup de foudre à Notting Hill, Quand Harry rencontre Sally, Pretty in Pink), elle pense qu’une histoire d’amour doit se dérouler comme dans un de ces films, ce n'est pas possible autrement. Alors, quand le garçon sur lequel elle flashait quand elle était plus jeune revient en ville, elle décide de tout faire pour le séduire… Tout. Même de s’allier avec son « ennemi » d’enfance.
 
Si elle n’invente en soi rien de bien nouveau (le schéma « enemies to lovers »), Lynn Painter a pour elle de manier les ingrédients et les moments attendus avec un savoir-faire jubilatoire et de nous embarquer sans réserve dans sa romance à la fois drôle, pétillante et souvent touchante.
 
Comme le chantait Wet Wet Wet à la fin de Quatre mariages et un enterrement, Love is all around : laissez-vous envelopper, on en ressort avec de petits fourmillements de bonheur dans le ventre.
Et ça, ça fait toujours du bien.

Gallimard Jeunesse

14,00
Conseillé par (Librairie Le Grenier)
30 mai 2024

Coup de coeur total pour cette superbe réécriture du mythe de Méduse par Jessie Burton.
Celle-ci, d’une plume aussi délicate qu’incisive, redonne voix et force à une femme qu’on a trop longtemps réduite à une figure monstrueuse.

En rappelant qu’elle a été une victime de la violence des hommes et d’une société incapable de l’écouter et de la protéger, l’autrice ancre son récit millénaire dans des considérations on ne peut plus actuelles et nécessaires.
Elle tire de sa réappropriation féministe du mythe un texte vibrant, sensible et subtil, un texte qui fait du miroir qui avait mené à la perte de Méduse le symbole d’une puissance pour toutes les femmes.

Tout simplement indispensable.

À partir de 13 ans.

Conseillé par (Librairie Le Grenier)
13 mai 2024

Une jeune fille de 15 ans lancée à la poursuite de son père, le plus grand chasseur de monstres du pays, mystérieusement porté disparu…
Un jeune voleur des rues sacrément habile qui vient donner un coup de main dans cette quête remplie d’embûches…
Un univers western revisité en mode fantastique…

Mixez tout ça et vous obtenez un roman super addictif et qui file à la vitesse d’une locomotive lancée à toute allure dans les étendues du Far East. Non non, pas de coquille dans la dernière phrase : on n’est pas dans le Far West ici, mais bien dans le Far East.

David Moitet s’empare des codes du western pour mieux les fondre dans son univers de fantasy, ça fonctionne à fond et on se dit qu’on enfilerait bien notre plus beau stetson pour vivre cette aventure trépidante aux côtés de nos deux héros !

A partir de 9 ans.

You-jeong JEONG

Philippe Picquier

23,00
Conseillé par (Librairie Le Grenier)
3 mai 2024

"Etre heureux ne signifie pas que tout est parfait. Cela signifie que vous avez décidé de regarder au-delà des imperfections" Aristote

Dans le roman de Jeong You-jeong, Yuna n’a pas seulement décidé de dépasser ces imperfections qui pourraient nuire à sa définition du bonheur, elle préfère les éliminer.
Purement. Simplement.

Et Un bonheur parfait est d’une perfection absolue. D’une perversité géniale.
Purement. Simplement.

En alternant les points de vue (la fille de Yuna, son mari, sa sœur), Jeong You-jeong tisse une toile complexe, se resserrant au fil de chapitres de plus en plus étouffants et venant mettre en lumière toutes les parts d’ombre d’une personnalité trouble, machiavélique et capable de passer en un instant du sourire le plus pur au regard le plus glaçant.

Hitchcock disait que plus le méchant était réussi, meilleure serait votre histoire : un adage que l’autrice du déjà formidable Bonobo a fait sien dans un récit d’une profondeur et d’une tension psychologique ahurissantes et qui, derrière les mécanismes du thriller, dessine les failles sociétales et familiales de la société coréenne.

You-jeong JEONG

Philippe Picquier

10,50
Conseillé par (Librairie Le Grenier)
14 avril 2024

On entre dans "Bonobo" un peu curieux : le point de départ (suite à un accident de la route, la conscience d’une jeune femme se trouve transférée dans le corps d’une bonobo) est original, certes… mais y-a-t-il assez de matière pour dépasser ce postulat et tenir la distance ?

On continue, balayant totalement ces interrogations au fil des pages, complètement séduits et happés par ce récit sans cesse surprenant, profond et émouvant.

On ressort finalement bouleversés, chamboulés. Chamboulés par ce faisceau d’émotions qui nous a transpercés au fil des aventures de Lee Jin-yi, Jin et Kim Minju, des personnages perdus (physiquement et psychologiquement), en quête d’eux-mêmes et qui permettent à Jeong You-jeong d’offrir une réflexion aussi poignante qu’hallucinante de justesse sur des sujets aussi complexes que la vie, la mort, la conscience, la maltraitance animale…

Le tout sans effet d’esbroufe mais avec au contraire une économie de moyens et une simplicité qui touchent au coeur : jamais alourdi par une forme qui prévaudrait sur le fond, "Bonobo" se révèle d’une ambition folle, la multiplication des voix s’accompagnant d’une multiplication des voies passionnante (fantastique, drame social…).