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Thierry L.

https://www.librairie-sainte-hortense.fr

20,00
Conseillé par (Librairie Sainte-Hortense)
17 février 2024

Ce livre est écrit quarante ans après le début du calvaire, vingt ans après la condamnation du coupable, et c’est sa force.

Car il est écrit à froid. Sans passion. Avec distanciation. Avec recul. Il ne raconte pas, il exprime. Du moins tente-t-il d’exprimer l’inexprimable.

C’est pourquoi il nous touche d’autant plus profondément quand il nous parle d'un mal inextinguible. D'une blessure qui ne peut guérir. Même l’écriture n’y peut rien.

Il nous parle aussi de l’incompréhension. De l’incompréhension des autres vis-à-vis de la victime, y compris de sa propre mère. Mais aussi de l’incompréhension de la victime vis-à-vis du monde qui l’entoure.

Pourquoi ? Pourquoi moi ? s’interroge l’autrice à propos des violences sexuelles qu’elle a subies. Mais elle s’interroge aussi à propos du coupable : pourquoi a-t-il choisi d’avouer, alors que nier les faits lui aurait permis d’échapper à toute condamnation ? Comment peut-il, après voir purgé sa peine, reconstruire une nouvelle vie de famille comme si de rien n’était ? Et comment une femme peut-elle accepter d’avoir des enfants avec un homme condamné pour le viol d’une enfant ?

Bizarre… Ce mot revient souvent sous la plume de l’autrice. Un mot qui dérange, qui désarçonne, qui inquiète, qui perturbe.

C’est un livre triste, comme le tigre du titre. Mais poignant.

Scientisme, système technicien et capitalisme vert

Arthur GUERBER

Acl

18,00
Conseillé par (Librairie Sainte-Hortense)
17 février 2024

Cet ouvrage ambitieux (mais néanmoins facile à lire) s’emploie d’abord à analyser ce qui, depuis la nuit des temps, a contribué à construire progressivement la notion de « progrès », pour aboutir à l’avènement de la société actuelle, qui érige en dogme, non pas la démarche scientifique, fondée par essence sur le doute, mais plutôt les connaissances scientifiques acquises à ce jour, qui charrient pourtant avec elles le poids de tous les déterminismes qui ont permis d’y parvenir et qui continuent perpétuellement à orienter le domaine de la recherche.

Il montre combien, à partir du XIXe siècle, le capitalisme va devenir le moteur de ce progrès technologique érigé en mythe rédempteur, et comment il agit, aujourd’hui, sur l’ensemble des forces en présence, y compris, sur l’action des organisations non gouvernementales censées s’opposer aux excès du système, comme le WWF ou Greenpeace ; y compris, aussi, sur les principaux courants écologistes majoritaires.

Certes, ce livre foisonnant et iconoclaste suscite plus de questions qu’il n’apporte de réponses. Mais par la pertinence de son propos et le souffle libertaire qui l’anime, il ne peut que susciter une forte remise en cause de nos certitudes individuelles et collectives.

Conseillé par (Librairie Sainte-Hortense)
18 novembre 2023

Amalia vit une enfance heureuse sur la toute petite île de Keljorden. Mais un drame survient, qui pose question pour l’avenir : à l’aube du XXIe siècle, il ne reste que quatre-vingts habitants : pourront-ils, voudront-ils rester vivre sur cette île isolée alors que le monde qui les entoure a tellement changé ?

Du haut de ses dix ans, « Ama », comme on l’appelle, assiste impuissante aux débats et aux divisions des adultes. L’autrice, en se glissant dans la peau de sa narratrice, nous fait parfaitement ressentir le mélange de pureté, d’idéalisme et aussi de naïveté qui anime une enfant de cet âge face à un problème sociétal complexe et douloureux.

En parallèle, vingt-cinq ans plus tard, Amalia revient sur ces événements avec son regard d’adulte. « J’avais une conception très clivée du monde. (…) Les gentils voteraient pour rester, les méchants pour partir ».

Et si nous étions tous d’éternels enfants ? Et si notre difficulté à appréhender la réalité dans toute sa complexité nous ramenaient trop souvent à une vision manichéenne du monde engendrant son corollaire : le rejet de l’autre.

Dans un style sobre mais efficace, ce roman nous questionne sur notre capacité (ou notre difficulté) à s’adapter : s’adapter d’abord au temps qui passe ; et aussi s’adapter à la différence, à la diversité du monde.

Un livre en forme de fable, qui place le lecteur face à lui-même, comme l’Amalia adulte regarde la jeune Ama, avec tendresse, mais sans concession.

Conseillé par (Librairie Sainte-Hortense)
5 novembre 2023

Beaucoup de bretons, et d’autres, ont, certes, entendu parler de façon épisodique de ce très confidentiel « Club des Trente », fondé à la fin des années 1980 par quelques-uns des plus grands patrons bretons, soucieux de peser de tout leur poids sur les pouvoirs publics pour faire évoluer les décisions d’aménagement du territoire breton dans le sens qu’ils estimaient désirables, pour la Bretagne comme pour leurs affaires. Mais ce livre est le premier à entrer dans le fonctionnement et l’histoire détaillés de cette organisation assez opaque, et à en tirer le bilan de trente années d’existence.

Admiré par certains, vilipendé par d’autres, on constate surtout, à la lecture de cet ouvrage très documenté, que ce groupe, restreint mais soudé au départ, plus nombreux mais divisé ces dernières années, ne parviendra jamais à obtenir le pouvoir d’influence espéré au départ, et ce malgré des relations haut placées, parfois jusqu’à l’Elysée.

Quant aux bonnes intentions affichées par ses membres, notamment en termes de développement durable et de respect de l’environnement, on en cherche aussi les résultats concrets….

Conseillé par (Librairie Sainte-Hortense)
5 novembre 2023

Un couple usé par des années de vie commune. L’épouse déchirée entre le désir de s’évader avec son amant et la volonté de ne pas détruire sa vie de famille. Dit comme cela, rien de très nouveau.

Et pourtant… Dès les premières pages, le lecteur se laisse insidieusement piéger par l’écriture fluide de Virginie Ducay, la confrontation des points de vue des trois personnages du roman qui en sont aussi, tour à tour, les trois narrateurs, l’ambiance mystérieuse qui s’installe au premier chapitre pour ne jamais finir.

Dans ce livre, il y a aussi deux lieux, séparés par plus de mille kilomètres, aussi importants pour l’histoire que les personnages qui les habitent : Lisbonne d’abord, dans la froidure de l’hiver, avec ses bruits, ses saveurs, ses couleurs, le lieu de l’attente désespérée. Et puis l’immensité de la plage, de la dune, de l’océan, le lieu où tout a commencé, et tout s’est terminé.

Un roman dont on imaginerait volontiers une adaptation au théâtre.