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    Le , CLARETON DES SOURCES


    Istanbul, 2010. A la veille de sa mort, une femme livre à sa nièce, la narratrice, quelques paroles énigmatiques sur leur passé familial commun. Une figure refait surface, celle d’un grand-père, une ombre portée sur fond de colonisation, au début du siècle précédent, dans l’Inde britannique. Mais qui était vraiment Frederick, ce cavalier ayant servi dans les 1st Royal Dragoons sous les ordres de l’officier Michael Biddulph ? C’est le début d’une enquête, la plongée dans toute une époque qui se dévoile sous nos yeux et sous des latitudes différentes, entre la Turquie et l’Angleterre d’aujourd’hui et les Indes d’autrefois… 
    On pourrait croire à une fiction classique, sauf que la narratrice s’appelle Sarah Crossman, sa tante, Jaklin Crossman et l’auteure, Sylvie Crossman. Alors, le roman se révèle autre : la conquête, par des femmes, d’une généalogie imaginaire dans laquelle Frederick, ce « fils de l’Inde », joue le rôle d’un intercesseur décisif.

    Sylvie Crossman a grandi à Raiatea, l’île sacrée des Maoris. En 1974, à Los Angeles, elle suggère à Henry Miller d’écrire, en français, ce qui sera son dernier livre : J’suis pas plus con qu’un autre (1976). « Quand elle sortait elle m’a laissé dans un état de vertige », y écrit-il. Correspondante du Monde en Californie de 1976 à 1980, elle en revient avec, au Seuil, un premier essai : Californie, Le Nouvel Age, suivi d’un premier roman : La Guéniza (élu « meilleur roman historique de l’année » par le Sénat, en 1987). Puis, retour dans le Pacifique, l’Australie où elle crée le poste de correspondant du Monde, à Sydney. Enquête sur les savoirs indigènes (Gallimard Folio) et un roman Sœurs de peau (Albin Michel) où deux femmes – l’une, française, l’autre, aborigène – fraternisent, révèlent sa fidélité au monde d’Henry Miller. Tout comme son activité à la tête d’Indigène éditions où elle publie, en 2010, le best seller mondial de Stéphane Hessel, Indignez- vous ! Avec Le Fils de l’Inde, elle donne à cette filiation rebelle son fondement romanesque.