À la mesure de l'univers, Chronique familiale

À la mesure de l'univers, Chronique familiale

Jón Kalman Stefánsson

Gallimard

  • 12 février 2018

    À double détente

    J’ai adoré la trilogie, avec un faible pour le premier volet « Entre ciel et terre ». J’ai été presque déçue par « D’ailleurs les poissons n’ont pas de pieds », ou au moins, désorientée. J’ai donc hésité à lire la suite, mais c’était une erreur.
    Non seulement ce dernier opus éclaire le précédent, mais aussi la trilogie, en lui donnant une profondeur inattendue. Il y a de l’humour et une légèreté paradoxale, qui nous entraîne à la recherche de ce « moi » qui narre, avec ces formules « Ari et moi » « nous quatre », qui au départ suscitent un brin de déséquilibre; a-t-on loupé quelque chose? De fausses pistes, irrévérencieuses, ferrent le lecteur et le promènent sur la lande, dans la ville de Keflavik et dans les fjords de l’est et de l’ouest.
    C’est très beau et même poignant. Au-delà de l’Islande, aussi captivante et magnifique soit-elle, l’auteur touche à l’époque et aux questions éternelles de l’humanisme, la responsabilité sous diverses formes, la faiblesse et la bonté.