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Compagnie K

Compagnie K

William March

Éditions Gallmeister

  • 28 juin 2014

    1914-1918

    La présentation est déroutante : j'ai eu l'impression de lire des lettres de soldats américains de la compagnie K.

    En fait non. L'auteur alterne les points de vue de soldats, lieutenants et autres gradés de cette compagnie, nous racontant "par le petit bout de la lorgnette" les combats, la vie dans les tranchées, les relation avec les autochtones, et le retour à la maison. Mais aussi leur vision de la guerre.

    L'auteur s'est inspiré de son expérience de la Première Guerre Mondiale à laquelle il a participé.

    Un témoignage multiforme et intéressant sur ce conflit vu par les américains.

    L'image que je retiendrai :

    Celle de la compagnie débarquant dans un village et faisant des sauts de mains pour faire rire les habitants, en plein milieu d'un enterrement.


  • par (Le Merle Moqueur)
    10 février 2014

    Magnifique et authentique

    113 chapitres courts, 113 voix, 113 témoignages d’une guerre sanglante et barbare.

    Compagnie K est bien plus qu’un roman sur la guerre, c’est une vision unique d’un conflit qui a ensanglanté l’Europe pendant quatre ans. Chaque membre de la compagnie envoyée au front en 1917 y raconte une anecdote, un ressenti, une expérience, dans un roman choral où la poésie se mêle à la barbarie et à l’absurdité.

    Du trajet en bateau au retour au pays, en passant par la bataille de la Marne et les attaques au gaz, la Grande Guerre n’épargnera personne,avec son lot de tueries et d’exécutions.

    Un roman magnifique, vibrant d’authenticité, qui ne peut laisser personne indifférent.


  • par (Fontaine Auteuil)
    17 janvier 2014

    On est à la fin 1917. Une compagnie américaine rejoint la Marne : 113 hommes qui racontent, chacun à son tour, leur expérience au front. 113 chapitres, n'excédant souvent pas deux pages, des vignettes qui témoignent d'épisodes de la vie quotidienne : les obus, la soupe, la camaraderie, la peur, l'ennui. Souvent insouciants, rigolards, pitres, ces Marines racontent la guerre avec une apparente dédramatisation. La multiplicité des narrateurs ne nuit jamais à la compréhension des évènements, au contraire elle permet d'enrichir notre appréhension de la vie au front, chacun vivant la guerre comme il peut, chacun se fabriquant les œillères qu'il peut pour supporter les tranchées.

    Et c'est ce qui rend ce texte si poignant : ces 113 types qui se succèdent et s'expriment avec simplicité et franchise, dans un langage qui n'est pas celui, froid et grave, d'un "personnage soldat" stéréotypique mais celui d'un joyeux drille du Tennessee, puis d'un coureur de la côte Est, puis d'un vaurien de St. Louis... nous expliquant ainsi qu'ils sont faits de l'étoffe dont sont faits les héros, ceux de romans d'aventures ou de romances, des personnages timides ou gouailleurs qui avaient pris leur ticket pour un roman initiatique quelconque, mais qu'hélas on est en 1917 et que l'initatique, en 1917, c'est la Marne, puis la Meuse. Leur fraicheur ébranle. Le choix des mots nous suggère que, nés 30 ans plus tard, ils nous auraient raconté leur arrivée à toute blinde dans San Francisco, Cassady au volant et Kerouac à l'arrière. Mais c'est en 1917 qu'ils ont eu vingt ans...


  • 10 novembre 2013

    Décembre 1917 : la compagnie K de l’US Marines Corps composée d’engagés volontaires débarque en France pour se retrouver au front. Et c’est la voix de cent-treize soldats, lieutenants ou sergents qui s’élève dans autant de chapitres courts.

    Les pensées intimes, le quotidien, les ressentis et la guerre nous sont décrits et dès la première page on est saisi car on est plongé aux côtés de ces soldats. Il y a la peur de mourir, la folie qui gagne certains d’entre eux, les ordres auxquels il faut obéir mais aussi la camaraderie, la nostalgie et cette guerre dans lesquels ils ont empêtrés. Autant de voix qui se superposent à toute la palette des sentiments humains.

    D’une même situation relatée par plusieurs personnages et couvrant ainsi les différents points de vue à une simple anecdote, du dramatique au grotesque, de la lâcheté au courage, ce sont des hommes qui nous parlent de l’horreur de la guerre. La guerre terminée, ces hommes qui auront survécu rentreront au pays marqués à jamais physiquement et/ou moralement.

    Ce livre est un claque ! On se prend en pleine figure tous ces témoignages qui individuellement ou mis bout à bout sont saisissants ! Pas de pathos ou de bons sentiments, une écriture sans fioriture presque désabusée pour mettre des mots sur l’innommable, l’effroyable, l’absurdité ou l’injustice.
    Alors forcément, les obus, la maladie, le manque de nourriture, les blessés et la mort sont des thèmes traités. Mais ce roman polyphonique raconte la Première Guerre mondiale vue par des américains.
    Et toutes ces voix si réalistes portées comme un chant sont autant de vies. Un livre puissant et sobre que je ne suis pas prête d’oublier !


  • par (Librairie La Galerne)
    16 octobre 2013

    Un vrai chef d'œuvre !

    On reste comme foudroyé à la lecture de ce texte brut et magistral. Sans fioriture ni pathos, ce récit cru de soldats au cœur de la première guerre mondiale fit dire à Graham Greene "Le livre de March est le cri de milliers de gorges anonymes". Un vrai chef d'œuvre !


  • par (Librairie Le Neuf)
    21 août 2013

    Un regard sur la guerre...

    William March est un ancien combattant américain, rescapé de la première guerre mondiale. En voulant coucher son traumatisme sur papier, c'est dix années de sa vie qu'il a investi pour rédiger ce roman sensationnel.

    Compagnie K se démarque d'abord par la manière dont le propos est tenu : il s'agit en fait de 113 témoignages fictifs très brefs (quelques pages chacun), émanant de 113 soldats américains de la compagnie k, engagée sur le front français pendant la première guerre mondiale.

    Les points de vues se suivent, sans transition, sans explication, et donnent à voir le quotidien des soldats de la guerre, les pensées intimes, les frustrations, les rêves brisés, la camaraderie parfois et par dessus tout, l'horreur...

    Un texte absolument bouleversant qui décrit la guerre sans fard et sans pathos, à partir des individus qui l'ont vécue. On en prend plein la vue, l'écriture est sèche, désabusée, et va droit au coeur de l'humain.

    A lire absolument.