Eric R.

Tibet, minéral animal , sur les traces de la panthère des neiges...

sur les traces de la panthère des neiges...

Kobalann

65,00
par (Librairie La Grande Ourse)
17 octobre 2019

Un livre d'art exceptionnel !

En feuilletant les premières pages du livre photos de Vincent Munier « Tibet, minéral, animal » on a l’impression que de l’encre noire de Chine s’est déversée sur de précieuses feuilles de papier vélin pour y tracer des nervures sinueuses et de sombres taches profondes et noires comme l’eau d’un puits. Comme des signes graphologiques venus de la nuit des temps. En y regardant de plus près, certaines taches prennent forme. Un éclat de noir, couleur corbeau, rappelle même un oiseau peint en son temps par Georges Braque. La nature se met à imiter la peinture. Nuances de gris et noirs profonds pour un livre en couleurs.

Et puis la lumière change. On dirait de l’or étalé sur les pages. De l’or d’Orient, celui qui fait miroiter les bracelets des déesses, éclater les rayons de soleil sur mille rochers où s’unissent dans une couleur unique rochers et animaux, terre et ciel. Un voile de mariée qui s’élève du sol révèle une silhouette vivante. La taille de l’image volontairement petite nous oblige à acérer notre regard, à devenir à notre tour explorateur. Nous devenons enfin guetteur d’un spectacle que nous ne savons plus voir. Mais les acteurs nous regardent eux, depuis la nuit des temps. Ils brillent dans une poussière d’or.

C’est l’heure des rochers. Du mimétisme. On reprend pied avec la réalité. Le monde est abrupt, pointu, coupant, acéré. Il se sent félin. Attente et attaque. Dissimulation et révélation. La course devient l’arme des conquêtes. Elle raconte la puissance et la possession. Elle hérisse le jour de menaces. Elle suscite les aguets, les veilles, les longues terreurs. C’est l’heure de la loi du plus fort. Même le yack sauvage se débat devant l’objectif.

Vient alors la période du blanc. On ne brade rien. On joue avec les formes. On se pelotonne dans des boules de neige rondes et chaudes comme des pelotes de laine. Le noir s’y introduit parfois. C’est un museau, un oeil. L’immaculé est là, signe d’un âge d’or en blanc. Comme l’écrit Sylvain Tesson dans des textes d’accompagnement poétiques, souvent, et drôles, parfois, l’homme à la loterie de l’évolution n’a pas gagné le gêne de la force et « s’est consolé en inventant la folie ». Tant pis pour lui. Et le blanc a tout emporté sur la page de fin. Sauf la panthère. Minuscule, en bas à droite de l’image, elle signe le tableau de l’infiniment blanc.
Elle signe l'un des plus beaux livres d'art de ces dernières années. Prodigieux.

Eric, Sylvie,... la librairie !

La Panthère des neiges
par (Librairie La Grande Ourse)
16 octobre 2019

Drôle, poétique, érudit : indispensable !

Qui a pu amener le bavard et instable Sylvain Tesson à pratiquer l'affût silencieux par moins 30 degrés et 5000 mètres d'altitude pour observer possiblement une panthère des neiges? Il fallait un colosse taiseux: Vincent Munier, l'un des plus grands photographes animaliers actuels, fut celui là.
A défaut d'une mutation génétique de l'écrivain, ce livre lumineux nous offre la description lumineuse d'une nature hors norme, avec poésie, humour, érudition, philosophie et humanité.
Sylvain Tesson ne nous offre pas un récit de voyage mais une réflexion à relire le monde à l'échelle du vivant. L'intelligence humaine a rendu l'homme soucieux de désirs et d'envies. L'animal se contente de ses gènes faits pour vivre et survivre. La panthère des neiges en est le symbole.

Un livre magnifique, indispensable qui peut s'accompagner de l'album "Tibet Minéral" (éditions Kobalann avec des poèmes de S. Tesson). S'il s'est tu pendant des semaines dans l'affût, Sylvain Tesson ne s'est pas pour autant abstenu de partager ses pensées. Pour notre plus grand bonheur.

Eric et Sylvie aussi

Le Cœur de l'Angleterre
par (Librairie La Grande Ourse)
8 octobre 2019

Au coeur du Brexit

Pour connaître l’état d’une nation on peut lire des livres de sociologie. Ou lire Jonathan Coe.
Dans ce dernier roman l’écrivain ausculte l’Angleterre depuis 2010 jusqu’à ce cataclysme qu’est le Brexit. A travers les différents membres de la famille Trotter que l’on suit depuis « Bienvenue au Club », on découvre les multiples fractures d’une société qui ne se reconnait plus et cherche à retrouver une identité perdue : cette « Angleterre profonde » fantasmée. Nationalisme, discours majoritaire du politiquement correct, rôle des media, austérité, chaque personnage se confronte à ces sujets dans sa vie de tous les jours. Pas de poncifs pour autant car l’auteur conserve sa qualité première: une écriture fluide qui vous raconte une histoire comme dans un livre pour enfants. En refermant ce magnifique roman on se pose cependant une question: à quand un ouvrage de cette lignée dans la littérature française?

Eric.

Le Cœur de l'Angleterre
par (Librairie La Grande Ourse)
8 octobre 2019

AU COEUR DU BREXIT

Pour connaître l’état d’une nation on peut lire des livres de sociologie. Ou lire Jonathan Coe. Dans ce dernier roman l’écrivain ausculte l’Angleterre depuis 2010 jusqu’à ce cataclysme qu’est le Brexit. A travers les différents membres de la famille Trotter que l’on suit depuis « Bienvenue au Club », on découvre les multiples fractures d’une société qui ne se reconnait plus et cherche à retrouver une identité perdue: cette « Angleterre profonde » fantasmée . Nationalisme, discours majoritaire du politiquement correct, rôle des media, austérité, chaque personnage se confronte à ses sujets dans sa vie de tous les jours. Pas de poncifs pour autant car l’auteur conserve sa qualité première: une écriture fluide qui vous raconte une histoire comme dans un livre pour enfants. En refermant ce magnifique roman on se pose cependant une question: à quand un ouvrage de cette lignée dans la littérature française?

Eric.

Une bête au paradis
18,00
par (Librairie La Grande Ourse)
24 septembre 2019

Un paradis en enfer

C'est l'histoire d'une lignée de femmes. Emilienne la grand mère et Blanche la petite fille vouées et liées à un lieu : la ferme du Paradis. Un lieu qui exige la vie pleine et entière de ses occupantes.
Cécile Coulon poursuit avec ce roman sa description de la ruralité, dégagée de sentimentalisme, de passéisme ou de régionalisme. Dans un huis clos étouffant, comme dans une tragédie grecque, on sent poindre une angoissante destinée. Les personnages sont inoubliables et l'on pense parfois au magnifique "Né d'aucune femme" de Franck Bouysse.
L'écriture vous prend à la gorge et vous emmène dans des territoires inconnus.
Le Paradis peut être parfois l'Enfer. Et il devient alors un des romans majeurs de cette rentrée littéraire.

Eric.