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Avant que j'oublie

Avant que j'oublie

Anne Pauly

Verdier

  • par (Librairie La Grande Ourse)
    10 juillet 2020

    Bouleversant

    Le père est mort. Et après? Il était alcoolique, violent, parfois. Pas toujours. Un ours unijambiste, un "touriste de la vie". Pourtant c'était quand même un père. Alors, avec des mots parfois tendres empruntés à la vie quotidienne, des mots violents aussi, Anne Pauly s'empare de la maison, des objets familiers, des souvenirs pour "faire son deuil" et nous dire combien, finalement, elle l'aimait ce "papa". Doux amer, le style nous trimballe de la morgue au cimetière, des pompes funèbres à l'hôpital, de la vie à la mort.
    Il nous emporte ainsi entre souvenir affectif et réhabilitation, entre pleurs et fou rire car finalement il va bien falloir apprendre à vivre.

    Un récit intimiste à la portée universelle qui touche au coeur. Un excellent Prix Inter.

    Eric


  • par (Librairie Le Grenier )
    12 juin 2020

    Avant que j'oublie

    « […] Les infirmières avaient fermé ses yeux, coincé son visage dans une mentonnière et habillé son corps d’une petite blouse vert pâle façon sweat-shirt. C’était triste et drôle, ça l’aurait fait rire, cette petite blouse verte qui lui cachait à peine le genou. J’ai regardé son pied violacé, la vache! Le pauvre, sa barbichette miteuse et son beau visage déserté. En gardant sa grande main qui tiédissait dans la mienne, j’ai souhaité de tout mon cœur ne jamais oublier son odeur et la douceur de sa peau sèche. Je lui ai demandé pardon de ne pas avoir vu qu’il mourait, je l’ai embrassé et puis j’ai dit à haute voix, ciao je t’aime, à plus, fais-nous signe quand tu seras arrivé. Je suis sortie dans le couloir lino-néon, une aide-soignante est passée en savatant et mon frère est arrivé. On y est retournés une dernière fois, pour vérifier. Et puis on a plié les gaules, comme il disait toujours. La vie, cette partie de pêche.[…] » Extrait, page 9

    Lorsque j’ai lu le récit d’Anne Pauly lors de sa parution, il y a bientôt un an. J’ai été soufflée par sa justesse de ton, par l’équilibre fragile entre l’humour et la douleur, par sa poésie. Aussi, lorsque j’appris lundi matin qu’elle recevait le prix du Livre Inter j’ai tout de suite sauté de joie dans ma salle de bain, heureuse que ce titre discret, d’une si jolie maison d’édition, soit ainsi mis en lumière.

    Bravo Anne Pauly et merci Verdier pour cette parution.


  • 29 avril 2020

    Beau récit d'une rencontre surprenante, celle d'un père disparu. Intense !
    Guillaume


  • 5 décembre 2019

    Un récit lumineux...

    Alors qu'elle vient de perdre son père, la narratrice doit procéder à l'inventaire de la maison familiale aussi bien qu'à l'inventaire des souvenirs qui la lient à cet homme. Tâche d'autant plus ardue que le bonhomme fût insaisissable, personnage ambivalent aux multiples facettes. Anne Pauly réussit avec brio à rendre un hommage émouvant et drôle à ce père en soulignant les mille détails (absurdes ou insignifiants) qui font une vie. Elle signe avec ce premier roman un récit original et lumineux à découvrir absolument.


  • par (le Carnet à spirales)
    1 décembre 2019

    Un livre surprenant qui décrit avec finesse la complexité des comportements de l'Homme. Un livre qui va vous faire passer progressivement de la haine à l'amour. Vous découvrirez une écriture rythmée parfois violente mais également contemplative et tendre. Un livre qui vous fera vraiment comprendre que personne ne peut nous dire qui sont les bons ou les méchants...


  • par (Fontaine Victor Hugo)
    16 novembre 2019

    D'une tendresse désarmante

    C'est l'histoire d'un adieu, mais surtout d'un hommage d'une fille à un père.
    Anne Pauly a perdu son père, et va, d'une façon tellement pudique, bouleversante mais jamais tire-larme (même si vous en verserez), dérouler les souvenirs et les réflexions à mesure qu'elle tente de faire du tri dans les affaires de son père.
    Ça commence en fanfare avec un humour piquant et caustique, ce qu'il faut de détachement, le sens de la formule et les petites anecdotes qui font sourire. On a du mal à croire que c'est un premier roman tellement l'écriture est maîtrisée sans avoir l'air de, et le style déjà pleinement assumé.
    Et peu à peu les émotions émergent parce qu'on comprend que cet homme difficile à vivre, alcoolique, bourré de manies et d'angoisses, elle l'aimait. Dans son livre, elle s'attache à faire vivre le souvenir d'un homme généreux, sensible, raffiné et drôle. Aucun jugement ne vient empoisonner ce deuil qu'elle traverse comme elle peut. Il n'y a qu'une profonde humanité, de la tendresse en barre. Ses mots sont d'une justesse incroyable et les phrases s'enchaînent avec un naturel désarmant et grisant.


  • par (La librairie des Halles)
    13 novembre 2019

    Un père est mort. Alcoolique, violent et unijambiste, ile ne laisse pas que des bons souvenirs à sa fille. Mais petit à petit vont émerger des réminiscences des vérités enfouies, une personnalité plus ambigüe, plus fragile se dévoile peu à peu. Anne Pauly livre ici une magnifique déclaration d'amour à un père abimé par la vie et rend justice à cet homme cabossé. Un superbe hommage plein de pudeur, bouleversant mais jamais larmoyant. Vif et juste !


  • par (Le Pain des Rêves)
    14 octobre 2019

    Une sœur et son frère se retrouvent autour de leur père à l’agonie, puis décédé. Après sa mort, elle s’occupe des obsèques, de faire le tri dans ses affaires dans sa maison vieillotte.
    Ce roman est une autofiction -le père porte le nom de l’auteure. Il raconte un peu de la vie intime de cette famille où un père alcoolique et violent brutalisait la mère les soirs d’ivresse. Il confronte le passé et le présent pour faire le tri entre les apparences et la vérité des personnes. Car ce père violent et alcoolique devenu unijambiste à la fin de sa vie était aussi un père lecteur fréquentant le bouddhisme, un "un contemplatif fin mais gauche, gentil mais brutal, généreux mais autocentré, dévoré par l’anxiété et la timidité, incroyablement empêché. Un touriste de la vie". Il était en même temps un "monstre attachant" et un "ogre timide". L’homme a transmis sa violence à son fils qui n’a qu’une hâte, que les obsèques se passent au plus vite et au moindre coût, "il trouvait que les cercueils étaient trop chers" et que la succession soit liquidée au plus vite.
    Pour sa fille, c’est plus complexe. Elle est agacée et en colère contre ce père dont elle se sent proche. Elle découvre, en triant ses objets et en lisant des lettres, le versant caché de sa personnalité, son affection pour ses enfants, ce qui lui permet de se réconcilier avec lui, puis avec son frère.
    Ce roman exprime bien l’ambivalence filiale de la narratrice qui veut en finir, se séparer de son père et qui se découvre liée à lui par un amour dont l’absence serait une cruauté sans nom. L’écriture d’Anne Pauly rend compte de sa souffrance et de sa tristesse, mais n’évite pas des traits d’humour, des scènes cocasses (l’enterrement), des fous rires.
    C’est un premier roman plein d’émotions, beau et juste.


  • par (Librairie L’Intranquille Plazza)
    23 septembre 2019

    Inventaire d'un père

    Entre tragique et cocasse, Anne Pauly fait le récit du deuil de son père, un homme tendre et dur, poète et fou, auquel elle rend hommage avec lucidité et dérision. Son "père carcasse", son "roi misanthrope" comme elle dit,
    n'est pas un homme tout blanc, loin de là. Il est alcoolique, brutal, à la marge. Mais dans l'inventaire de ses affaires, dans la rencontre avec ses souvenirs, elle le réhabilite, le redécouvre, se découvre elle-même.
    Prêts à pleurer à souriant ? Laissez-vous toucher par la lecture du meilleur premier roman de cette rentrée !